Se faire poète : le champ poétique dans les premières années du califat abbasside d’après le Livre des chansons

par Mathias Hoorelbeke

Thèse de doctorat en Littératures et civilisations

Sous la direction de Georgine Ayoub.

Le jury était composé de Georgine Ayoub, Beatrice Gruendler, Julia Ashtiany, Hachem Foda.

Les rapporteurs étaient Beatrice Gruendler, Frédéric Lagrange.


  • Résumé

    Ce travail porte sur le champ poétique dans les premières décennies de l’époque abbasside, en se concentrant non pas sur les trajectoires individuelles des poètes, mais sur les contraintes et les logiques collectives auxquelles ils sont soumis. Il s’appuie sur l’analyse de près de 70 notices du Livre des chansons d’al-Iṣbahānī (m. ca. 360/970). La première partie porte sur la contrainte la plus évidente et la plus étudiée : le rapport du poète au prince. Elle postule que la force du verbe poétique dérive d’un lien plus vaste, celui du walā’, qui implique des devoirs réciproques, inscrits dans le temps. La parole poétique n’est dès lors qu’une modalité particulière de la négociation de la distance entre le patron et son protégé. Cette négociation permanente influe sur les déplacements et les modes d’expression du poète.La seconde partie examine comment les poètes se positionnent face à la multitude d’acteurs qui prétendent dire ce que la poésie doit être. Elle analyse comment les rapports des poètes avec leurs pairs ou avec les savants sont déterminés par l’histoire cumulée du champ. L’accent est ensuite mis sur les modalités de ces multiples positionnements : comportements précodés, mise en scène et en texte de l’être social et charnel du poète, autant de coups dont le Livre des chansons est non seulement le témoin mais aussi le théâtre.


  • Résumé

    This study deals with the poetic field in the first decades of the Abbassid era. It does not focus on the poets’ individual biographies but on the logics they obey and the constraints that weigh on them as a group. It is based on the analysis of about 70 chapters taken from the Book of Songs by al-Iṣbahānī (d. ca 360/970). The first part examines the most conspicuous and most studied constraint: the connection between the poet and the prince. It assumes that the strength of the poetic word derives from a wider relation: the walā’, which implies enduring mutual obligations. Poetic speech is therefore just a particular aspect of a negotiation of the distance between the patron and his protégé. This negotiation affects the poets’ moves and modes of expression.The second part investigates how poets position themselves when interacting with the multitude of protagonists that claim the right to say what poetry should be. It analyses how the poets’ relations with their peers or with scholars are determined by the cumulated history of the field. Emphasis is then laid on how poets position themselves in the field by playing precoded roles, by “staging” their personae and giving the episodes of their lives a textual expression. As a result, the Book of Songs cannot be seen as a neutral record of these struggles ; it is also the battlefield where they take place.


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