Thèse en cours

La question de la démocratie chez Claude Lefort : paradoxes et enjeux de la modernité face au théologico-politique

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 20/02/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Claudia Terra
Direction : Jean-Claude Monod, Olivia Guaraldo
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Philosophie
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 20/02/2025
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres en cotutelle avec Université de Trente
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres, Arts, Sciences humaines et sociales (Paris ; 2010-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Pays germaniques, transferts culturels (Paris)
établissement opérateur d'inscription : École normale supérieure (Paris ; 1985-....)
Jury : Président / Présidente : Judith Revel
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Claude Monod, Nicolas Poirier, Beatrice Magni, Olivia Guaraldo, Paolo Costa
Rapporteurs / Rapporteuses : Nicolas Poirier, Beatrice Magni

Résumé

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La recherche doctorale vise à éclairer l’idée de démocratie et de modernité élaborée par Claude Lefort. Bien que son œuvre ait fait l’objet de nombreuses études, les sources de sa pensée et la complexité de son idée d’histoire et du social sont loin d’être pleinement comprises. La recherche a tracé ce que nous avons appelé une « histoire philosophique de la modernité » lefortienne à travers l’étude des sources de sa pensée ainsi que du contexte dans lequel elle prend sa forme, à savoir la crise du marxisme dans la France des années ‘60. L’idée était de faire ressortir l’engagement intellectuel et politique de Lefort tout en mettant en lumière les maintes implicites et les débats qui ont nourri et contribué à façonner sa pensée. En raison de l’existence de nombreuses études qui introduisent l’œuvre de Lefort ou qui n’en analysent qu’un aspect particulier, l’urgence qui a inspiré ce travail et la méthodologie qui l’a guidée a été celle de reconstruire avec précision les sources et le contexte de la naissance de sa pensée. La question du théologico-politique a été l’angle d’observation pour saisir les paradoxes de la démocratie. La thèse montre que l’on ne peut pas véritablement comprendre les idées au cœur de la démocratie de Lefort, à savoir celle de la désincorporation du pouvoir et celle de l’avènement du pouvoir comme lieu vide, sans comprendre le « passé » de la démocratie. En d’autres termes, l’institution démocratique, que nous avons interprété comme une rupture accomplie avec le théologico-politique, est construite précisément en rupture avec la forme sociale dont elle est issue. Seulement en abordant le problème théologico-politique chez Lefort on pouvait, autrement dit, tirer toutes les conséquences de la désincorporation du pouvoir et ainsi saisir la portée radicale de la pensée lefortienne. Le type de relation entre la formation théologico-politique et la démocratie lefortienne a également été clarifié. Afin d'éviter un glissement du théologique dans le politique avec l'avènement de la forme démocratique, un éclairage a été apporté sur le type de réflexion sur l'histoire adopté par Lefort. Ce n'est qu'en s'attardant sur cette réflexion qu'il est possible de comprendre pleinement ce que Lefort n'a cessé d'affirmer, à savoir la « désintrication » du théologique et du politique. En d'autres termes, la réflexion sur l'histoire était nécessaire pour éviter d'attribuer un caractère religieux à la démocratie voire de lire l'histoire de la démocratie en termes religieux. Les deux premiers chapitres sont consacrés à la genèse du concept lefortien de « politique » et de « mise en forme du social », à l'influence de l'anthropologie et de l’expérience de Socialisme ou Barbarie sur le développement de la pensée lefortienne. Les trois chapitres centraux (III, IV, V) sont dédiés à la modernité en tant que dissolution du nœud théologico-politique et ouverture d'un social sans garants et donc en perpétuelle recherche de son fondement et de sa légitimité. Ils abordent la lecture lefortienne de Kantorowicz de Machiavel et de Michelet et Quinet. Dans l'épilogue l'idée de désintrication entre le théologique et le politique est réexaminée pour montrer l'incompatibilité de Lefort avec les paradigmes de la sécularisation. A partir des paradoxes du concept de « peuple » nous avons en outre montré comment, pour Lefort, la démocratie rompt non seulement avec la forme théologico-politique mais aussi avec les schémas verticaux de la théologie politique.