Thèse soutenue

Détection olfactive du cancer humain par les fourmis

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Auteur / Autrice : Baptiste Piqueret
Direction : Patrizia D’EttorreJean-Christophe Sandoz
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Ethologie
Date : Soutenance le 05/03/2021
Etablissement(s) : Paris 13
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Galilée (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'éthologie expérimentale et comparée (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis)
Jury : Président / Présidente : Dominique Fresneau
Examinateurs / Examinatrices : Fernando J. Guerrieri, Fatima Mechta-Grigoriou, Laurence Paturle-Lafanechère
Rapporteurs / Rapporteuses : Sylvia Anton, C. Giovanni Galizia

Résumé

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Les cancers sont la seconde cause de décès chez l’Homme avec presque 10 millions de morts en 2020. Plus tôt cette maladie est détectée et diagnostiquée, meilleures sont les chances de survie du patient. Actuellement, les méthodes de dépistage classiques sont invasives (ex : mammographie) et/ou coûteuses (ex : IRM), mais des méthodes alternatives, basées sur l’apprentissage d’odeurs caractéristiques des cancers, sont prometteuses car non-invasives, rapides et peu onéreuses. Dans ce contexte, cette thèse s’est intéressée à la possibilité d’utiliser les capacités olfactives de discrimination d’une espèce de fourmi, Formica fusca, pour détecter les cancers. Nous avons tout d’abord caractérisé l’apprentissage olfactif associatif chez cette espèce, et démontré que ces fourmis apprenaient rapidement et que la mémoire formée était robuste. Par la suite, en utilisant des lignées cellulaires cancéreuses humaines, nous avons observé que les fourmis pouvaient différencier des cellules saines de cellules cancéreuses, ainsi que deux lignées cancéreuses entre elles. Finalement, nous avons utilisé de l’urine de souris greffées avec des tumeurs humaines comme source d’odeur pour l’apprentissage. Les fourmis se sont montrées capables de différencier l’urine des souris saines de celle des souris malades, mais pas l’inverse, ce que nous attribuons à la saillance plus faible des échantillons cancéreux. L’utilisation d’outils d’analyse chimique (SPME et GC-MS) ont permis de confirmer cette hypothèse et d’établir une liste de biomarqueurs potentiels des cancers. En comparaison de l’odorat canin, qui est le maitre étalon dans ce domaine, les fourmis sont beaucoup plus rapides, moins chères, et tout aussi efficaces. Même si des améliorations peuvent être proposées, cette première étude a mis en lumière le potentiel de l’utilisation des fourmis pour la détection précoce des cancers