La mobilité en formation : une épreuve de l'incertain constitutive du devenir professionnel en travail social
| Auteur / Autrice : | Céline Pétrus |
| Direction : | Véronique Bordes, Alain Piaser |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation et de la formation |
| Date : | Soutenance le 19/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Toulouse (2023-2025) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Comportement, Langage, Éducation, Socialisation, Cognition (Toulouse) |
| Partenaire(s) de recherche : | Établissement délivrant conjointement le doctorat : Université Toulouse - Jean Jaurès (1970-....) |
| Laboratoire : Éducation, formation, travail, savoirs (Toulouse ; 2011-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Daniel Bart |
| Examinateurs / Examinatrices : Alain Vulbeau | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Emmanuel Jovelin, Anne-Françoise Dequiré | |
| DOI : | 10.70675/6408b598z388az44b6zabd5zb6fbac673e68 |
Mots clés
Résumé
Cette thèse interroge la mobilité en formation des éducateurs spécialisés comme une épreuve constitutive du devenir professionnel en travail social. Elle analyse comment les déplacements géographiques, institutionnels ou symboliques participent à la socialisation et à la construction identitaire des futurs éducateurs. S’appuyant sur une approche qualitative fondée sur des entretiens narratifs et des observations de terrain, la recherche envisage la mobilité comme une expérience formatrice, biographique et liminaire, marquée par le doute, la perte de repères et la confrontation à l’altérité. Ces passages deviennent des espaces de transformation identitaire où s’opèrent tensions, bifurcations et réajustements.La recherche mobilise la sociologie de la socialisation (Hughes, Dubar), l’anthropologie de la liminarité (Van Gennep, Turner) et la biographicité des expériences (Delory-Momberger). Elle met en lumière la fonction structurante de ces passages, où l’incertitude suscite un travail réflexif et narratif. Les témoignages montrent que la mobilité, choisie ou contrainte, agit comme une épreuve générant apprentissages et reconfigurations identitaires.La méthodologie s’inscrit dans une démarche qualitative, phénoménologique et herméneutique attentive au sens donné par les individus à leurs expériences. La posture de praticienne-chercheure, impliquée dans son terrain professionnel et vigilante quant à ses cadres de perception, permet une implication partagée avec les participants. La compréhension émerge ainsi d’un travail d’interprétation dialogique et réflexif de co-construction de connaissance.Au-delà d’un simple déplacement, la mobilité devient un laboratoire d’expérimentation pédagogique et politique, ouvrant un espace de créativité, de subjectivation et de transformation pour les futurs travailleurs sociaux. Elle favorise une lecture sensible et distanciée des parcours, articulant engagement, écoute et rigueur scientifique, transformant le terrain en un espace de dialogue, d’apprentissage et de connaissance partagée où la réflexivité devient un moteur de compréhension et d’éthique de recherche.