Les Gnawa du Maroc : intercesseurs de la différence ? étude ethnomusicologique, ethnopoétique et ethnochoréologique

par Jean Pouchelon

Thèse de doctorat en Ethnomusicologie

Sous la direction de Miriam Rovsing Olsen et de Nathalie Fernando.


  • Résumé

    Les Gnawa sont présents dans toutes les grandes villes du Maroc (Oujda, Tanger, Casablanca, Fès, Meknès, Rabat, Marrakech, Essaouira, Agadir etc.). Musiciens, officiants et adeptes se rassemblent dans un rituel nocturne baptisé la lîla (litt. "une nuit") lequel célèbre à la fois, Dieu, son prophète Muhammad, l'Afrique subsaharienne ainsi que de nombreux autres entités invisibles réparties en sept familles. La musique, la danse et la transe sont omniprésentes dans cette célébration. Cette thèse analyse l'identité des Gnawa, leurs représentations, leurs instruments rituels, leurs performances, leur musique, les textes chantés, leurs danses et leurs transes. L'examen de ces différents champs d'activité révèle que les Gnawa jouent avec l'ambiguïté de manière systémique et à plusieurs niveaux. Leur perception par la société marocaine, leur "panthéon", leurs rythmes, leurs danses et leurs transes, tous ces aspects des actions et de la pensée des Gnawa sont actés avec ambiguïté. Confrérie hybride qui a autant perpétué la mémoire de ses racines subsahariennes qu'assimilé les influences mystiques et politiques de sa société d'exil, les Gnawa - des noirs mais aussi des métis et des blancs - ont érigé en art le fait de réconcilier des imaginaires potentiellement conflictuels dans la société marocaine. Mais paradoxalement, ils se doivent de cultiver ésotérisme et étrangeté pour conserver leur légitimité d'experts de l'invisible.

  • Titre traduit

    Gnawa of Morocco : intercessors of difference ? ethnomusicological, ethnopoetical and ethnochoreological study


  • Résumé

    Gnawa are living in all the big towns of Morocco (Oujda, Tanger, Casablanca, Fes, Meknes, Rabat, Marrakech, Essaouira, Agadir etc.). Musicians, officiants and adepts gather in a night ritual called the leela (litt. "one night") which celebrates at the same time God, his prophet Muhammed, Sub-Saharan Africa and other many invisible entities divided in seven families. Music, dance and trance are ubiquitous in this ceremony.This thesis gives the analysis of Gnawa identity, of their representations, their ritual instruments, their performances, their music, their sung texts, their dances and their trances. The examination of these differents fields reveals that Gnawa play with ambiguity in a systemic way and at many levels. The way Moroccan society see them, their "pantheon", their rhythms, their dances and trances, all these aspects of their actions and thought are acted with ambiguity.Hybrid brotherhood which has both carried on the memory of its Sub-Saharan roots and integrated the mystic and political influences of its society of exile, the Gnawa - Blacks but also Mixed and White - have raised in art the fact to bring back imaginaries potentially contentious together in the Moroccan society. But paradoxically, they have to maintain esotericism and otherness to preserve their legitimacy of experts of the unseen.


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