Une approche sensemaking de la responsabilité sociale dans le secteur de l'événementiel sportif
| Auteur / Autrice : | Mathieu Djaballah |
| Direction : | Michel Desbordes, Christopher Hautbois |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Staps |
| Date : | Soutenance le 02/09/2014 |
| Etablissement(s) : | Paris 11 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences du sport, de la motricité et du mouvement humain (Paris ; 2002-2015) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Complexité, innovation, activités motrices et sportives (Orsay, Essonne ; 2010-....) |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Michel Desbordes, Christopher Hautbois, Alain Ferrand, Emmanuel Bayle, Samuel Mercier |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Alain Ferrand, Emmanuel Bayle | |
| DOI : | 10.70675/d63e9aafz0db7z4a95za969z97785c01a379 |
Mots clés
Résumé
La responsabilité sociale des entreprises (RSE) fait l’objet d’un intérêt croissant au sein de la recherche en management des organisations sportives. Il apparaît de plus en plus évident qu’elle y revêt des caractéristiques spécifiques faisant écho aux nombreuses particularités déjà soulignées du secteur sportif. Cette thèse aborde plus précisément la responsabilité sociale dans le cadre des évènements sportifs. Celle-ci semble être influencée, à l’instar de celle d’autres organisations sportives (Babiak & Wolfe, 2009), par deux ensembles de déterminants, les premiers renvoyant aux « ressources internes uniques » dont ils disposent, les seconds aux « fortes pressions externes » dont ils font l’objet. Ce travail envisage donc la responsabilité sociale des évènements sportifs comme une « boîte noire » qu’il s’agit d’ouvrir pour comprendre comment chaque acteur lui donne du sens. Dans cette perspective, il vise deux objectifs : (1) analyser, à travers un modèle de sensemaking stratégique ou prospectif (Thomas, Clark & Gioia, 1993; Selsky & Parker, 2010), les processus de construction de sens de deux parties prenantes principales des évènements sportifs ; (2) rendre compte, en nous appuyant sur les concepts du sensegiving (Gioia & Chittipeddi, 1991 ; Maitlis, 2005), de la manière dont ces différents acteurs influencent la construction de sens collective qui aboutit à la stratégie de responsabilité sociale d’un évènement sportif. Ce travail s’articule autour de trois études. Les deux premières sont constituées d’entretiens semi-directifs (personnes-ressources) auprès d’entreprises sponsors (N=23) et de collectivités locales (N=23). La troisième est composée de quatre études de cas combinant des entretiens semi-directifs auprès des organisateurs et des principales parties prenantes concernées (N=27), d’observations sur site ainsi que d’une analyse documentaire. Les résultats permettent d’identifier, pour chaque catégorie d’acteur, plusieurs niveaux d’ambigüité qui balisent le processus de sensemaking. Pour les entreprises sponsors, il s’agit de leurs perceptions (positives ou négatives) du degré de proximité de l’évènement (ou des différentes entités sportives dont ils sont partenaires) vis-à-vis de la responsabilité sociale, des liens perçus entre la responsabilité sociale de l’évènement et leur propre RSE, du focus de leurs initiatives responsables (liées à la responsabilité sociale de l’évènement, à celle d’une entité sportive particulière ou à la leur) ainsi que des liens entre les objectifs spécifiques des initiatives responsables et leur stratégie globale sur l’évènement. Pour les collectivités locales, il s’agit de leurs perceptions (positives ou négatives) des impacts de l’évènement, de la contrôlabilité perçue de ces impacts ainsi que du lien entre leur politique évènementielle, leur politique sportive globale (en particulier ses aspects sociaux) et leur politique environnementale. Pour chacun de ces acteurs, la combinaison de ces niveaux d’ambigüité aboutit à une pluralité de stratégies et d’actions de responsabilité sociale. Les études de cas montrent quant à elles que les évènements sportifs étudiés prennent place au sein d’un continuum allant d’un sensemaking contraint à un sensemaking non-contraint en fonction de l’origine et de la force du sensegiving. Le sensemaking contraint résulte d’une situation où les organisateurs se conforment au sens que leurs parties prenantes donnent à la responsabilité sociale de l’évènement. Il semble associé à une légitimité de type morale, à un faible degré stratégique de la responsabilité sociale du point de vue de l’organisateur ainsi qu’à une praxis de type « réduction des effets négatifs ». Le sensemaking non-contraint résulte d’une situation où les organisateurs contrôlent le processus de sensegiving. Il semble lié à une légitimité de type pragmatique ou cognitive, à un degré stratégique plus élevé et à une praxis de type « propagation d’effets positifs ».