Une approche sensemaking de la responsabilité sociale dans le secteur de l'événementiel sportif

par Mathieu Djaballah

Thèse de doctorat en Staps

Sous la direction de Michel Desbordes et de Christopher Hautbois.


  • Résumé

    La responsabilité sociale des entreprises (RSE) fait l’objet d’un intérêt croissant au sein de la recherche en management des organisations sportives. Il apparaît de plus en plus évident qu’elle y revêt des caractéristiques spécifiques faisant écho aux nombreuses particularités déjà soulignées du secteur sportif. Cette thèse aborde plus précisément la responsabilité sociale dans le cadre des évènements sportifs. Celle-ci semble être influencée, à l’instar de celle d’autres organisations sportives (Babiak & Wolfe, 2009), par deux ensembles de déterminants, les premiers renvoyant aux « ressources internes uniques » dont ils disposent, les seconds aux « fortes pressions externes » dont ils font l’objet. Ce travail envisage donc la responsabilité sociale des évènements sportifs comme une « boîte noire » qu’il s’agit d’ouvrir pour comprendre comment chaque acteur lui donne du sens. Dans cette perspective, il vise deux objectifs : (1) analyser, à travers un modèle de sensemaking stratégique ou prospectif (Thomas, Clark & Gioia, 1993; Selsky & Parker, 2010), les processus de construction de sens de deux parties prenantes principales des évènements sportifs ; (2) rendre compte, en nous appuyant sur les concepts du sensegiving (Gioia & Chittipeddi, 1991 ; Maitlis, 2005), de la manière dont ces différents acteurs influencent la construction de sens collective qui aboutit à la stratégie de responsabilité sociale d’un évènement sportif. Ce travail s’articule autour de trois études. Les deux premières sont constituées d’entretiens semi-directifs (personnes-ressources) auprès d’entreprises sponsors (N=23) et de collectivités locales (N=23). La troisième est composée de quatre études de cas combinant des entretiens semi-directifs auprès des organisateurs et des principales parties prenantes concernées (N=27), d’observations sur site ainsi que d’une analyse documentaire. Les résultats permettent d’identifier, pour chaque catégorie d’acteur, plusieurs niveaux d’ambigüité qui balisent le processus de sensemaking. Pour les entreprises sponsors, il s’agit de leurs perceptions (positives ou négatives) du degré de proximité de l’évènement (ou des différentes entités sportives dont ils sont partenaires) vis-à-vis de la responsabilité sociale, des liens perçus entre la responsabilité sociale de l’évènement et leur propre RSE, du focus de leurs initiatives responsables (liées à la responsabilité sociale de l’évènement, à celle d’une entité sportive particulière ou à la leur) ainsi que des liens entre les objectifs spécifiques des initiatives responsables et leur stratégie globale sur l’évènement. Pour les collectivités locales, il s’agit de leurs perceptions (positives ou négatives) des impacts de l’évènement, de la contrôlabilité perçue de ces impacts ainsi que du lien entre leur politique évènementielle, leur politique sportive globale (en particulier ses aspects sociaux) et leur politique environnementale. Pour chacun de ces acteurs, la combinaison de ces niveaux d’ambigüité aboutit à une pluralité de stratégies et d’actions de responsabilité sociale. Les études de cas montrent quant à elles que les évènements sportifs étudiés prennent place au sein d’un continuum allant d’un sensemaking contraint à un sensemaking non-contraint en fonction de l’origine et de la force du sensegiving. Le sensemaking contraint résulte d’une situation où les organisateurs se conforment au sens que leurs parties prenantes donnent à la responsabilité sociale de l’évènement. Il semble associé à une légitimité de type morale, à un faible degré stratégique de la responsabilité sociale du point de vue de l’organisateur ainsi qu’à une praxis de type « réduction des effets négatifs ». Le sensemaking non-contraint résulte d’une situation où les organisateurs contrôlent le processus de sensegiving. Il semble lié à une légitimité de type pragmatique ou cognitive, à un degré stratégique plus élevé et à une praxis de type « propagation d’effets positifs ».

  • Titre traduit

    A sensemaking approach of social responsability in the sporting events' sector


  • Résumé

    Since the early 2000’s, corporate social responsibility (CSR) has gained a growing interest in the sport management literature. It seems clear that CSR takes very particular forms in this field. This doctoral research more specifically deals with sporting events. Sporting events appear to be influenced, like other sport organizations, by two sets of determinants (Babiak & Wolfe, 2009), namely “unique internal resources” and “strong external pressures”. This work views sporting event’s social responsibility as a “black box” which the researcher has to open in order to understand how the different stakeholders make sense of it. It therefore aims two objectives: (1) to analyze the strategic sensemaking process (Thomas, Clark & Gioia, 1993; Selsky & Parker, 2010) of two main sporting events’ stakeholders – corporate sponsors and local governments; (2) to account on how the various stakeholders influence the collective sensegiving process (Gioia & Chittipeddi, 1991; Maitlis, 2005) resulting in social responsibility actions. This research is structured around three studies. The first-two are based on semi-structured interviews with corporate sponsors (N=23) and local governments (N=23). The third is composed of four case studies combining semi-structured interviews with sporting events organizers and their main stakeholders (N=27), on-site observation and document analysis. The results identify several levels of ambiguity which mark the sensemaking processes of both stakeholder categories. Concerning corporate sponsors, these levels include positive and negative perceptions about the link between sporting events and social responsibility, perceived links between sporting events’ social responsibility and their own CSR, perceived focus of social responsibility actions as well as perceived links bewtween these actions and their strategic objectives on the event. Concerning local governments, these levels include positive and negative perceptions about sporting events’ social impacts, perceived controllability of these impacts and perceived links between sporting events, the social aspects of global sport policies as well as environmental policies. For each of these actors, combinations of the various levels of ambiguity lead to the development of social responsibility strategies during the events. Case studies show that sporting events can be placed on a continuum between “constained” and “not-constrained” sensemaking depending on the origin and intensity of sensegiving activities. Constained sensemaking occurs when organizers conform to the sense imposed by stakeholders. It seems to be associated with moral legitimacy, a low strategic level and a “do no harm” praxis. Not-constrained sensemaking occurs when organizers keep the control of the sensemaking process. It seems to be associated with pragmatic and cognitive legitimacy, a strong strategic level and a “do good” praxis.


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