L’accès à l’enseignement supérieur : les politiques de « discrimination positive » en France et au Canada

par Mehdi thomas Allal

Projet de thèse en Droit public

Sous la direction de Gilles J. Guglielmi.


  • Résumé

    Il existe autant de différences que similarités entre les dispositifs de « discrimination positive » pour l’accès à l’enseignement supérieur français et nord-américain. Le système mis en place en France ne crée pas véritablement de victimes, puisque les élèves issus des zones défavorisées ou présélectionnés sur critères sociaux viennent se surajouter et non se substituer au reste des étudiants. En revanche, au Canada, il s’agit de donner la préférence à un groupe « minoritaire » sur un autre pour inverser la discrimination, notamment en vue de rééquilibrer la composition des élites. Par ailleurs, le type même des critères utilisés ne se situe pas su le même plan : alors que l’examen des candidatures au Canada est de type essentiellement individualisé, en fonction d’un faisceau de critères liés au talent, au parcours ou à l’origine ethnique du candidat… c’est l’origine géographique ou la classe sociale qui est prise en compte en France, c’est-à-dire des critères de type collectif, selon une tradition républicaine du principe d’égalité rétive à la prise en compte des différences. En revanche, dans les deux cas, les institutions privilégient en définitive des critères indirects pour ne pas stigmatiser les futurs étudiants. Ces critères permettent de manière détournée et parfaitement légale de cibler les minorités visibles. En d’autres termes, il y a peu de place pour la surenchère identitaire et davantage de crédit accordé à la motivation et à l’investissement personnel des élèves dans leurs projets professionnels. Cette manière fort discrète pour agir est un gage de succès des deux côtés de l’Atlantique.


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