L’analyse économique, outil d’aide à la décision dans la démarche du choix d’actions pour atteindre une eau potable.

par Rachid Harbouze

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Michel Garrabe.

Thèses en préparation à Montpellier 1 en cotutelle avec l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II , dans le cadre de Économie et Gestion de Montpellier (École Doctorale ; 2009-2014) , en partenariat avec ART-Dev - Acteurs, Ressources et Territoires dans le Développement (laboratoire) depuis le 01-01-2009 .


  • Résumé

    Pour obtenir et maintenir une eau potable qui réponde aux normes, les collectivités locales ont le choix entre deux types d’actions : préventives par la mise en place de périmètres de protection de captages d’eau potable ou d’aires d’alimentation de captages, ou/et curatives qui consistent à traiter les eaux pour satisfaire les exigences réglementaires. La mise en place des actions préventives aboutit à l’instauration de prescriptions (instruments de contrôle) sur les activités existantes et futures. Cependant, à l’heure actuelle, la procédure de mise en place des périmètres de protection des captages d’eau potable (PPC) ne prend pas en compte les impacts financiers et économiques des prescriptions, ce qui pose des problèmes d’acceptabilité de cet instrument mais aussi des difficultés méthodologiques pour l’évaluation des impacts des prescriptions, en particulier celles appliquées au secteur agricole. Le but de la thèse est double. La première partie répond à la nécessité de prendre en compte le volet financier et économique dans le cadre des procédures préventives. Ainsi, la thèse propose un protocole d’évaluation socio-économique pour améliorer la procédure PPC. Dans le cadre de ce protocole, nous avons mis en place, d’une part, un ensemble complet de données sur les coûts financiers des mesures agricoles et non agricoles appliquées dans le cadre de ces PPC et, d’autre part, une méthode qualitative basée sur l’analyse des coûts et bénéfices supportés par les acteurs impactés par les PPC, qui servira d’outil d’aide à la décision aux collectivités pour l’évaluation de l’acceptabilité des PPC. La deuxième partie de la thèse développe un cadre analytique (basé sur la notion d’efficience) appliqué pour évaluer le différentiel d’impacts (économiques, environnementaux et risque professionnel) de la mise en œuvre des politiques de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires (mesures agroenvironnementales « MAE ») pour la protection des captages d’eau potable, par la méthode Data Enveloppment Analysis appliquée aux cas d’exploitations agricoles de grandes cultures en Tarn-Garonne. Les résultats des différentes analyses d’évaluation du différentiel d’impact des MAE par rapport à notre échantillon remettent en question l’objectif des mesures et l’indicateur (indice de fréquence de traitement) d’évaluation de ces mesures. En effet, d’après nos résultats, on peut penser que, sous la contrainte MAE, les agriculteurs sont plus préoccupés par leurs efficiences technique, allocative et économique plutôt que d’être respectueux de l’environnement ou des impacts de la mesure sur leurs santé. Ceci montre que, pour atteindre l’objectif quantitatif de réduction, les agriculteurs ont recours à des produits plus toxiques et plus nocifs pour l’environnement et leur santé.

  • Titre traduit

    Economic analysis, a decision-support tool when choosing how best to protect water abstraction points


  • Résumé

    To obtain and maintain a drinking water that meets the standards, local authorities have a choice between two types of action: prevention through the establishment of protection areas for drinking water catchments or areas of supply catchments, and / or healing action that is to treat water to meet regulatory requirements. The implementation of preventive actions led to the establishment of requirements (monitoring instruments) on existing and future activities. However, at present, the procedure for setting up perimeters to protect drinking water catchments (PPC) does not take into account the financial and economic impacts of regulations, which involves problems of acceptability of this instrument but also methodological difficulties in assessing the impact of regulations, particularly those applied to agriculture. The aim of the thesis is twofold. The first part deals with the need to take into account the financial and economic component as part of preventive procedures. Thus, the thesis proposes a memorandum of socio-economic assessment to improve the PPC process. As part of this protocol we have implemented, on the one hand, a comprehensive set of data on the financial costs of agricultural and non-agricultural measures implemented as part of the PPC and, on the other hand, a qualitative method based on the analysis of costs and benefits borne by the actors affected by CFC, used as a tool for decision support to communities in order to assess the acceptability of the PPC. The second part of the thesis develops an analytical framework (based on the notion of efficiency) used to evaluate the (economic, environmental and occupational risk) differential impacts of the implementation of policies to reduce the use of phytosanitary products ("MAE") for the protection of drinking water catchments, with the Data Analysis Enveloppment method applied to the case of farms crops in Tarn-Garonne. The results of the different analysis assessing the differential impact of MAE compared to our sample question the purpose of the measures and the indicator (index of frequency of treatment) to assess these measures. Indeed, according to our results, it is conceivable that under the MAE constraint, farmers are more concerned about their technical, allocative and economic efficiencies rather than being environmentally friendly or concerned about the impact of the measure on their health. This shows that to achieve the numerical reduction target, farmers are resorting to more toxic and harmful products to the environment and their health.