L'histoire du kung-fu wushu en France (1945-2014) : développement, représentations, pratiques
| Auteur / Autrice : | Julie Pincot |
| Direction : | Loïc Artiaga |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Inscription en doctorat le 16/12/2021 |
| Etablissement(s) : | Pau |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences Sociales et Humanités |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Identités, Territoires, Expressions, Mobilités |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Cette thèse va chercher à comprendre comment des pratiques fortement marquées culturellement, le kung-fu wushu, originaire de Chine, sont arrivées en France et ont été adaptées ou transformées par de multiples acteurs. Il s'agit donc d'étudier les processus de médiation, de circulation, d'appropriation et d'institutionnalisation des arts martiaux chinois en France. Cela permettra notamment d'analyser les dimensions multiples impliquées dans la pratique : l'aspect martial (autodéfense), sportif (compétition), thérapeutique, spirituel, culturel (recherche d'exotisme et intérêt pour une culture chinoise soi-disant ancestrale) ou de simple loisir. Il s'agira également d'identifier les valeurs, les croyances, les rituels associés à ces pratiques mais aussi les divergences d'opinion et les conflits entre représentations (art martial ou sport de combat, traditionnel ou moderne, patrimoine à préserver ou techniques à faire évoluer). Enfin, cette thèse vise à déterminer les différents facteurs qui ont façonné les pratiques et les représentations : en effet, les arts martiaux chinois, d'abord créés en fonction d'un pouvoir martial (se défendre et attaquer), ont ensuite été influencés par d'autres pouvoirs, marchand, politique ou culturel. Dans ce contexte, les représentations ont joué un rôle fondamental dans le développement en France des arts martiaux chinois. De plus, elles sont également importantes pour construire l'authenticité et la légitimité des enseignements, des professeurs, des clubs et des fédérations. Ces représentations sont partagées par les pratiquants et acteurs du kung-fu mais elles peuvent aussi être renforcées, construites, transformées ou annihilées par eux. Travailler à partir de ces représentations est donc crucial : les identifier, en montrer la grande variété mais aussi les points communs, analyser leur influence sur les pratiques, les pratiquants, les médias ou l'économie des arts martiaux chinois. Le but est de voir comment les pratiquants conçoivent leur propre pratique, à partir de leurs attentes et des influences de la société. Il s'agit donc de partir des représentations sociales de l'ensemble des acteurs du kung-fu pour comprendre comment ils se sont appropriés ces pratiques, comment ils les ont transformées et diffusées. Cela implique aussi d'appliquer une approche macro et micro-historique. Le cadre macro-historique permet notamment d'aborder la question de diffusion du kung-fu, de ses représentations, de ses pratiques et de ses produits, celle de l'institutionnalisation et des conflits, celle de l'intégration aux Jeux Olympiques ou encore le rôle du soft power chinois. En même temps, il s'agira d'étudier à une échelle plus précise les impacts locaux produits, à l'échelle d'une personne ou d'un club par exemple, et, à l'inverse, comment des événements, des clubs ou des personnes peuvent avoir une influence à une plus grande échelle. Cette étude va s'appuyer sur une grande variété de sources : des archives olympiques, ministérielles, fédérales, départementales ou municipales, des ouvrages de différente nature (romans, bandes dessinées, manuels de pratique, ouvrages théoriques, guides touristiques, autobiographies), des articles de presse provenant de magazines spécialisés ou de la presse généraliste, des émissions de radio, des chansons, des films (fictions, documentaires et reportages, programmes d'entraînement, publicités) et enfin des interviews.