Légalisation de l'aide active à mourir : dilemme éthique des soignants
| Auteur / Autrice : | Khaoula Cherqaoui |
| Direction : | Dolores Albarracín |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 28/08/2023 |
| Etablissement(s) : | Poitiers |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Humains en société (Poitiers ; 2022-....) |
Résumé
Le projet de thèse s'inscrit dans l'axe ''Psychopathologie du corporel et Cliniques actuelles'' de l'équipe du CAPS et porte sur le dilemme éthique des soignants face à la légalisation de l'aide active à mourir , explorant les enjeux juridiques, éthiques et identificatoires. En Avril 2021, a été proposé le projet de loi Falorni, visant à légaliser l'aide active à mourir pour les personnes atteintes de maladies graves et incurables, à leur demande. À la suite de cette proposition, s'est tenue une Convention citoyenne sur la fin de vie, lancée en décembre 2022. Les résultats de celle-ci ont majoritairement soutenu le projet de loi. Tenant compte de ces éléments et des recommandations de la convention le président de la République a décidé de présenter le projet de loi courant l'année 2024. Cependant, 96,5 % des médecins en soins palliatifs refusent de pratiquer l'euthanasie, contrairement aux médecins généralistes qui sont moins nombreux à s'y opposer. Les médecins impliqués dans les soins palliatifs sont les moins favorables à l'aide active à mourir, malgré leur respect des souhaits des patients. L'hypothèse de cette thèse est que la perception des demandes d'euthanasie par les soignants serait liée à leur relation avec les patients : plus ils se sentent proches du patient, moins ils seraient enclins à accepter de mettre fin à leur vie. Ce dilemme est influencé par des mécanismes d'identification, essentiels pour maintenir l'empathie et la sensibilité à la souffrance des patients. Cependant, ces mécanismes peuvent aussi être à l'origine d'un mal-être chez les soignants lorsqu'ils reçoivent des demandes d'euthanasie. La méthodologie comprend la réalisation d'entretiens semi-directifs et des Focus groups avec des soignants de la région pour comprendre leur perception de la loi Falorni et ses implications sur leur pratique ainsi que leurs relations avec les patients et leurs familles. Les données seront analysées de manière approfondie dans le cadre de cette étude qualitative. Les résultats seront publiés et diffusés dans le cadre d'articles scientifiques et présentés lors de congrès.