Modèles et méthodes de conception pour la transition environnementale : reconcevoir à l'interface des acteurs d'un écosystème industriel complexe à partir du cas de l'emballage.
| Auteur / Autrice : | Marion Deshoulieres |
| Direction : | Pascal Le masson, Benoît Weil |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de gestion |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/12/2022 |
| Etablissement(s) : | Université Paris sciences et lettres |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole doctorale SDOSE (Paris) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de gestion scientifique (Paris ; 1967-....) |
| établissement opérateur d'inscription : Université de Recherche Paris Sciences et Lettres (2015-2019) |
Résumé
Dans un contexte d'urgence écologique, des méthodes et outils ont été créés pour accompagner la transition environnementale des entreprises industrielles. Pourtant, les résultats de leurs applications restent insuffisants pour atteindre les objectifs du GIEC, qui appellent à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, soit réduire les émissions mondiales de CO₂ d'environ 45 % en 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050 (IPCC, AR6 Synthesis Report, 2023). La littérature académique en management de l'innovation et engineering design a déjà identifié plusieurs verrous à la réalisation de cette transition. Cette thèse s'appuie sur ces avancées pour se concentrer sur la reconception de filières traditionnelles, en particulier celle de l'emballage, comme elle est emblématique pour la transition par : son impact environnemental qui continue de croître, ses risques sanitaires et écologiques avérés, sa relation directe aux habitudes de consommation et comportements sociaux, son fort potentiel d'innovation, ses effets « multi-systémiques », puisque qu'ils se répercutent souvent en chaîne sur d'autres écosystèmes industriels, par exemple la filière agro-alimentaire. En premier lieu, l'approche choisie consiste à diagnostiquer les blocages persistants qui apparaissent dans les espaces de conception situés à l'interface des acteurs d'un écosystème industriel complexe, via un modèle de simulation. Après avoir évalué l'ampleur de ces blocages, une étude de cas qualitative analyse les méthodes mises en place par un acteur non-leader de l'écosystème de l'emballage, qui parvient à innover avec des réductions inédites d'empreinte carbone (-25%). L'étude se concentre sur comment ces méthodes réintègrent les espaces de conception à l'interface d'autres acteurs. Ceci, pour éviter que des concepts d'innovation radicale très performants ne soient écartés, parce qu'ils génèrent en cascade des changements trop importants pour l'écosystème. Enfin, après avoir analysé ces méthodes et les paramètres de conception qui favorisent l'émergence de nouveaux concepts innovants de type breakthrough, la thèse ouvre une réflexion sur les effets dynamiques de ces innovations sur l'écosystème de l'emballage. En confrontant ces premiers effets écosystémiques à des modèles de transition établis, elle propose un modèle complémentaire dit de « préservation créatrice », destiné à guider la reconception d'un écosystème industriel complexe sans rechercher nécessairement un basculement de régime.