Thèse en cours

Caractérisation et dynamiques d'éclosion des tiers-lieux : approche innovante du développement local ou institutionnalisation de démarches alternatives ?

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Auteur / Autrice : Marie Dagonneau
Direction : Geneviève Pierre
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Géographie
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2020
Etablissement(s) : Orléans
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la Société : Territoires, Économie et Droit (Centre-Val de Loire ; 2018-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'études sur le développement des territoires et l'environnement (Orléans ; 1992-....)

Résumé

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Les tiers-lieux en France connaissent une vive actualité. Le paradigme d'Oldenburg regroupait initialement tous les' lieux de sociabilité du quotidien', comme les nomme Antoine Burret (2023), et qui se situent à l'interstice entre le domicile et le lieu de travail et engendrent la rencontre d'individus qui n'étaient pas destinés à se croiser. Le concept a depuis connu des inflexions sémantiques à mesure de sa conscientisation, tant et si bien que désormais, on s'érige parfois intentionnellement en « tiers-lieu », c'est-à-dire en lieu provoquant la rencontre et la co-construction d'alternatives aux schémas relationnels classiques de la société domicile-travail. Les politiques publiques en France se sont dotées d'outils visant leur promotion en tant que catalyseurs d'un développement innovant des territoires. Mais l'on perçoit déjà ici entre les lignes une ambivalence majeure : comment l'institutionnalisation du phénomène peut-elle préserver le caractère innovant de la sociabilité en tiers-lieu ? Dans quelle mesure l'éclosion des tiers-lieux procède-t-elle autant d'une vision alternative du développement local que de son institutionnalisation, dans le cadre d'actions inscrites dans les transitions socio-environnementales contemporaines ? Nous plaçons en effet notre recherche dans le contexte spécifique des transitions contemporaines en ce sens que le tiers-lieu se révèle en soi un lieu de l'inventivité sociale. Néanmoins, l'on tâchera ici de déterminer comment le processus d'institutionnalisation, tantôt en tant que dissolution dans la norme, tantôt en tant qu'intrication dans les politiques publiques, joue un rôle dans le caractère inédit de l'innovation produite par les tiers-lieux. Une première hypothèse se détache à l'aune des enjeux définitionnels de la notion complexe de tiers-lieu : les tiers-lieux s'inscriraient dans un processus cyclique sans cesse renouvelé des approches du développement local et désigneraient toute action citoyenne et solidaire novatrice. Ils seraient la structuration durable de l'utopie dans les sociétés et, à ce titre, des outils idoines de la transition socio-environnementale. Ainsi, l'institutionnalisation qu'ils connaissent systématiquement une fois entérinée leur innovation ne serait-elle pas un frein à l'inventivité. A l'inverse, la dynamique « transition socio-environnementale » n'agit-elle pas en catalyseur d'initiatives novatrices ? L'on en arrive à la seconde hypothèse : les tiers-lieux, en tant qu'ils ont trait au développement local, sont autant le reflet que le vecteur des trajectoires de développement des territoires. Ils renforcent et infléchissent les trajectoires socio-historiques et géographiques des territoires. La recherche conduite tentera en premier lieu de définir le tiers-lieu au prisme d'une approche épistémologique investiguant leurs dynamiques d'éclosion. Trois études de cas en Région Centre-Val de Loire éprouveront les hypothèses déroulées ci-avant : l'Escale Combleux à Combleux ; Le Cercle à Lunery ; les Jardins de la Voie Romaine dans le Loiret (quatre sites : Vieilles-Maisons-sur-Joudry, Beaune-la-Rolande, Nibelle et Pithiviers-le-Vieil).