Thèse en cours

Rome à Byzance : constructions byzantines d'un passé romain, IXe-Xe siècles

FR  |  
EN
AttentionLa soutenance a eu lieu le 27/03/2026. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Sébastien Villevieille
Direction : Marie-Céline Isaïa, Annick Peters-Custot
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Histoire mention histoire religieuse, politique et culturelle
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2020
Soutenance le 27/03/2026
Etablissement(s) : Lyon 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....)

Résumé

FR  |  
EN

L’étude de la réception de l’Antiquité dans le mode byzantin médiéval et particulièrement des IXe et Xe siècles a longtemps été délaissée, cantonnée à un inventaire savant des riches connaissances que les scribes médiévaux ont extrait des sources antiques depuis perdues. Pourtant, ces érudits médiévaux (copistes, chroniqueurs, compilateurs, hagiographes) sont loin d’avoir été des copistes passifs, qui auraient transmis aveuglement l’ensemble des connaissances qu’ils ont hérité de leurs ancêtres. À partir de connaissances vastes et variées, ils ont plutôt reconstruit un monde ancien aligné avec leurs valeurs, où le passé est une préfiguration du présent. Dans ce monde ancien pensé comme un miroir de leur temps, ils ont sélectionné, adapté, transformé le matériau à leur disposition pour qu’il coïncide mieux avec les nécessités et les revendications du présent, dans une Méditerranée où leur prétention à la romanité exclusive est parfois contestée. La thèse s’organise autour de trois temps où sont étudiés les différents aspects de ce monde romain réinventé au Moyen Âge. Il s’agit tout d’abord d’étudier les fondations de ce monde ancien reconstitué : les Byzantins adaptent la structure du récit dont ils héritent, et l’ancrent très largement dans les régions orientales de la Méditerranée, pour souligner la continuité ininterrompue entre Rome et Constantinople. À partir de sources avant tout issues de l’Antiquité tardive, ils transforment aussi le tempo du récit, et le recentrent autour de figures et de règnes qu’ils considèrent comme importants. Ensuite, il est intéressant d’évoquer la compréhension byzantine de ce qui faisait la culture des anciens Romains : les Romains médiévaux se concentrent bien davantage sur ce qui existe encore de leur temps, comme les courses à l’hippodrome, et sur les auteurs anciens dont ils peuvent encore lire les pages à Constantinople. Dans ce maëlstrom de connaissances, les Byzantins sélectionnent les figures anciennes qui correspondent à leur référentiel de valeurs chrétien, et passent souvent sous silence ce qu’ils détestent dans la vie de leurs prédécesseurs. Enfin, il est aussi nécessaire d’étudier la Rome d’atmosphère, ou la réception et la réutilisation en contexte de la Rome ancienne à l’époque médiévale. Les exemples et les contrexemples issus du passé même très ancien sont régulièrement utilisés dans diverses sources : dans les discours contemporains, pour appuyer des arguments mais parfois aussi alimenter la polémique, mais aussi dans les productions hagiographiques, pour servir d’exemple ou de repoussoir utiles à l’édification des croyants médiévaux. Il s’agit ainsi d’envisager dans une perspective aussi bien quantitative que qualitative une réception médiévale de l’Antiquité romaine, au croisement à la fois de l’histoire des textes, de l’histoire culturelle et intellectuelle, pour produire une étude globale de la reconstruction d’une histoire de l’Antiquité romaine à Constantinople pendant le « Premier humanisme byzantin », pensée par des médiévaux pour des médiévaux.