Mise en œuvre et évaluation d'un processus participatif pour contribuer à la mise en place d'un système de surveillance intégré selon une approche « One Health » : cas du charbon bactéridien au Burkina Faso.

par Sougrenoma Désiré Nana

Thèse de doctorat en BDI-Sciences Agronomiques

Sous la direction de Ferran Jori.

Thèses en préparation à l'Université de Montpellier (2022-....) , dans le cadre de Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau , en partenariat avec ASTRE - Animal, Santé, Territoires, Risques et Ecosystèmes (laboratoire) .


  • Résumé

    Le concept « One Health » ou « Une seule Santé » reconnaît une interconnexion étroite entre la santé animale, la santé humaine et la santé des écosystèmes. Il encourage des efforts collaboratifs entre secteurs et disciplines pour aborder plus efficacement les problématiques sanitaires à l'interface homme-animal-environnement. En matière de surveillance épidémiologique, ce concept est très largement promu car il laisse présager une amélioration de la performance épidémiologique et économique de la surveillance. Cependant, les systèmes de surveillance continuent le plus souvent à opérer en silo avec des dispositifs sectoriels très peu connectés entre eux. Nous pensons que le manque d'opérationnalisation de la surveillance selon le concept « One Health » relève en partie du manque de prise en compte du contexte de mise en œuvre, et notamment des attentes des parties prenantes vis-à-vis d'une approche plus intégrée de la surveillance. Dans ce contexte, et en utilisant le cas d'étude du charbon bactéridien au Burkina Faso, nous nous sommes proposés de répondre à la question suivante : dans quelle mesure un engagement précoce des acteurs dans l'élaboration des modalités de surveillance peut-il contribuer à des systèmes plus performants et pérennes dans le contexte d'un pays d'Afrique Subsaharienne ? Pour cela, nous avons abordé la problématique en trois étapes. Tout d'abord, nous avons caractérisé le contexte de mise en œuvre de la surveillance du charbon bactéridien au Burkina Faso en réalisant (i) une analyse structurelle et organisationnelle du système et (ii) une analyse de la posture et des compétences (techniques et sociales) des acteurs vis-à-vis d'un système plus intégré. Puis, nous avons mobilisé une approche participative pour accompagner les parties prenantes dans la planification de la mise en œuvre du système intégré souhaité. Enfin, nous avons évalué ce processus participatif de co-conception du système de surveillance vis-à-vis de sa qualité de mise en œuvre, des changements induits chez les participants et de ses capacités à définir un système qui soit accepté, applicable et appliqué. Ces trois étapes sont interdépendantes. En effet, l'analyse du contexte nous a fourni tous les éléments situationnels et institutionnels nécessaires à l'élaboration et l'organisation du processus participatif. Il a également permis d'identifier des éléments pertinents à intégrer à notre cadre d'évaluation pour évaluer la capacité du processus à contribuer à l'opérationnalisation de la surveillance « One Health ». Si l'évaluation a permis d'identifier la qualité du processus participatif et les effets induits, elle a également permis de juger sa mise en œuvre chemin faisant et d'en réorienter sa méthode. Ces travaux nous ont permis d'obtenir (i) une analyse détaillée du système de surveillance du charbon bactéridien au Burkina Faso et des acteurs impliqués, (ii) les déterminants pouvant freiner ou au contraire favoriser une surveillance plus intégrée, (iii) un plan d'action collectif pour contribuer à la mise en œuvre du système de surveillance intégré souhaité par les acteurs, et (iv) une description objectivée de la contribution du processus participatif à l'opérationnalisation de la surveillance « One Health » du charbon bactéridien au Burkina Faso. A notre connaissance, le cadre d'évaluation proposé est le premier cadre disponible pour mesurer les effets des démarches participatives dans la planification de systèmes de surveillance « One Health ». Il peut être mobilisé pour accompagner des approches similaires dans d'autres contextes.

  • Titre traduit

    Implementing and evaluating a participatory process to help develop an integrated surveillance system based on a One Health approach: Anthrax case in Burkina Faso.


  • Résumé

    The One Health concept recognises the close interconnection between animal health, human health and the health of ecosystems. It encourages collaborative efforts between sectors and disciplines to tackle health issues at the human-animal-environment interface more effectively. In terms of epidemiological surveillance, this concept is widely promoted because it promises to improve the epidemiological and economic performance of surveillance. However, most surveillance systems continue to operate in silos, with very little interconnection between sectoral systems. We believe that the failure to operationalize surveillance in line with the One Health concept is partly due to a failure to take account of the context in which it is implemented, and in particular stakeholders' expectations of a more integrated approach to surveillance. In this context, and using the case study of anthrax in Burkina Faso, we set out to answer the following question: to what extent can the early involvement of stakeholders in the development of surveillance methods contribute to more effective and sustainable systems in the context of a sub-Saharan African country? To do this, we approached the problem in three stages. Firstly, we characterised the context in which anthrax surveillance is implemented in Burkina Faso by carrying out (i) a structural and organisational analysis of the system and (ii) an analysis of the posture and skills (technical and social) of the stakeholders with regards to a more integrated system. We then used a participatory approach to support stakeholders in planning the implementation of the desired integrated system. Finally, we evaluated this participatory process of co-conception the surveillance system in terms of the quality of its implementation, the changes brought about in the participants, and its ability to define a system that is accepted, applicable, and applied. These three stages are interdependent. The analysis of the context provided us with all the situational and institutional elements we needed to develop and organise the participatory process. It also enabled us to identify some relevant elements to be incorporated into our evaluation framework in order to assess the process's ability to contribute to the operationalisation of One Health surveillance. While the evaluation helped to identify the quality of the participatory process and the effects it had, it also enabled us to assess its implementation along the way and to reorientate its method. This work has enabled us to obtain (i) a detailed analysis of the anthrax surveillance system in Burkina Faso and the stakeholders involved, (ii) the determinants that may hinder or, on the contrary, favour more integrated surveillance, (iii) a collective action plan to contribute to the implementation of the integrated surveillance system desired by the stakeholders, and (iv) an objective description of the contribution of the participatory process to the operationalisation of One Health anthrax surveillance in Burkina Faso. To our knowledge, the proposed evaluation framework is the first available for measuring the effects of participatory approaches in planning One Health surveillance systems. It can be used to support similar approaches in other contexts.