L'influence du communisme sur le mouvement du panafricanisme et la lutte des indépendances

par Cheikh Mbacke

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Joël Mekhantar.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de École doctorale Droit, Gestion, Economie et Politique , en partenariat avec CREDESPO - Centre de REcherches et d'études en Droit Et Science POlitique (laboratoire) depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    Un des phénomènes les plus importants de la seconde moitié du XXème siècle restera sans doute l'accession du Tiers-Monde africain au premier plan de la scène internationale. L'influence des communistes est très importante dans la lutte pour l'indépendance et la libération menée par les leaders noirs et panafricanistes. Certains leaders africains qui se réclamaient du communisme ont adopté d'autres aspects du panafricanisme, notamment l'idée que les Africains partageaient des formes communes d'oppression et étaient engagés dans une lutte commune. Il défendait également l'idée des États-Unis Socialistes d'Afrique. Il faut aussi rappeler que dans la période d'entre-deux guerres, certains des leaders panafricains étaient également membres de l'Internationale Communiste, comme George Padmore, Le panafricanisme constitue pour le communisme international une occasion supplémentaire de s'immiscer dans les affaires africaines, en effet voyant dans ce mouvement l'aspect hostile à la prééminence blanche en Afrique l'URSS apporte son soutien aux initiatives panafricaines. Dans ce projet je veux apporter des réponses sur beaucoup de questions. Qu'est ce que l'Afrique ? Le communisme s'est-il développé en Afrique noire ? A t-il conquis les élites et hommes politiques ? Anime t-il certains gouvernements aujourd'hui ? A t-il l'audience du peuple ? Quel est son avenir en Afrique ? Ces interrogations sont à l'origine du panafricanisme (vaste mouvement intellectuel, politique et culturel). Ce projet s'articulera de la révolution haïtienne de 1791 à l'élection du premier président noir des Etats Unis d'Amériques en 2008 en passant par les indépendances et les premiers régimes communistes du continent noir. Les liens entre communistes et panafricains vont se renforcer lors de la conférence de Brazzaville en janvier 1944 en effet les africains qui entrèrent au parlement français étaient incontestablement attachés a l'idée d'une France juste, antiraciste et accueillante. Il convient de souligner que les communistes leur réservèrent un accueil amical qui les toucha et dont ils se souvinrent, ils ont été reçus sans aucun préjugé racial. Le rassemblement démocratique africain (RDA) fondé en 1946 à Bamako qui groupait la plupart des leaders africains de tendance socialiste et anticolonialiste et dont Felix Houphouët-Boigny était le chef et l'animateur, fut l'objet de toutes les attentions du parti communiste français et il s'apparenta d'ailleurs au groupe du parti communiste à la chambre des députés. Cette alliance va porter ses fruits sur le plan politique avec des reformes sociales comme le vote du code de travail le 15 décembre 1952 qu'étant donné que les conditions misérables du travailleur dans les pays d'Afrique noire posaient problèmes. En dehors du parti communiste français, l'union soviétique s'est aussi intéressée au continent africain et notamment le Ghana premier Etat indépendant de la côte ouest africain (sauf évidement le Liberia). Le Ghana était le centre du nationalisme africain avec Kwamé Nkrumah qui a signé le 26 aout 1960 un accord culturel et une coopération économique et technique avec Moscou. Le referendum de 1958 organisé par le général De Gaulle dans les territoires d'outre-mer d'expression française va faire connaître le leader guinéen Sékou Touré pénétré de lectures et de méthodologie marxistes il va proclamer l'indépendance de la République de Guinée le 05 octobre 1958 et trois jours après l'URSS va reconnaître le nouvel Etat. Au Mali le nouveau président Modibo Keita entreprenant et dynamique, avait été dans sa jeunesse impressionné par les succès soviétiques et séduit par la doctrine marxiste. Va quant a lui adopté un régime marxiste communiste dans un pays gangréné par la pauvreté.

  • Titre traduit

    the influence of communism on the pan-Africanism movement and the independence struggle


  • Résumé

    One of the most important phenomena of the second half of the twentieth century will undoubtedly remain the accession of the African Third World at the forefront of the international scene. Communist influence is very important in the struggle for independence and liberation led by black and pan-Africanist leaders. Some African leaders who claimed Communism adopted other aspects of Pan-Africanism, including the idea that Africans shared common forms of oppression and engaged in a common struggle. He also defended the idea of ​​the United States Socialists of Africa. It must also be remembered that in the period between the wars, some of the Pan-African leaders were also members of the Communist International, like George Padmore, Pan-Africanism provides an additional opportunity for international communism to interfere in African affairs, as it sees the movement as hostile to white pre-eminence in Africa. The USSR supports pan-African initiatives. In this project I want to answer many questions. What is Africa? Has communism developed in black Africa? Has he conquered elites and politicians? Does it animate some governments today? Does he have the audience of the people? What is his future in Africa? These questions are at the origin of Pan-Africanism (vast intellectual, political and cultural movement). This project will be articulated from the Haitian revolution of 1791 to the election of the first black president of the United States of America in 2008 while passing by the independence and the first communist regimes of the black continent. The links between communists and pan-African people will be reinforced during the conference of Brazzaville in January 1944 indeed the Africans who entered the French Parliament were undeniably attached to the idea of ​​a fair, anti-racist and welcoming France. It should be noted that the Communists gave them a friendly welcome that touched them and they remembered, they were received without any racial bias. The African Democratic Rally (GDR), founded in Bamako in 1946, which brought together most of the African leaders of socialist and anticolonialist tendencies and of which Felix Houphouet-Boigny was the leader and the leader, was the object of all the attention of the French Communist Party. and he was, moreover, a member of the group of the Communist Party in the Chamber of Deputies. This alliance will bear fruit on the political level with social reforms such as the vote of the labor code on December 15, 1952, as the miserable conditions of the worker in the countries of black Africa posed problems. Apart from the French Communist Party, the Soviet Union has also been interested in the African continent and notably Ghana, the first independent state of the West African coast (except, of course, Liberia). Ghana was the center of African nationalism, with Kwame Nkrumah signing on 26 August 1960 a cultural agreement and economic and technical cooperation with Moscow. The referendum of 1958 organized by General De Gaulle in French-speaking overseas territories will make known the Guinean leader Sékou Touré penetrated of Marxist readings and methodology he will proclaim the independence of the Republic of Guinea on 05 October 1958 and three days after the USSR will recognize the new state. In Mali, the new and dynamic Modibo Keita president had been in his youth impressed by Soviet success and seduced by Marxist doctrine. As for him, he adopted a communist Marxist regime in a country plagued by poverty.