Les « petites mains » de l'aide alimentaire Ethnographie des formes d'engagement et de politisation dans les épiceries sociales en France et en Belgique
| Auteur / Autrice : | Tom Beurois |
| Direction : | Hélène Bertheleu, Héloïse Nez |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 03/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Tours |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CItés, TERritoires, Environnement et Sociétés |
| Equipe de recherche : COST - Construction Sociale et politique des espaces, des normes et des Trajectoires | |
| Jury : | Président / Présidente : Bruno FRèRE |
| Examinateurs / Examinatrices : Hélène Bertheleu, Julien Talpin, Anne Lhuissier, Héloïse Nez, Ana Perrin-heredia, Simon Cottin-marx | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Julien Talpin, Anne Lhuissier |
Mots clés
Résumé
Cette thèse vise à comprendre les transformations contemporaines de l'aide alimentaire, les modalités de son déploiement et les effets sur les formes d'engagement et de politisations de celles et ceux, salarié·es et bénévoles, qui en ont la charge. À partir d'une ethnographie de plusieurs années dans quatre associations implantées dans des quartiers populaires de la métropole de Tours et de la région bruxelloise, cette thèse renouvelle le regard sur un aspect peu connu de l'espace de l'aide alimentaire : la politique de mise à contribution des classes populaires précarisées à la fabrication des solidarités et les processus de politisation qui en découlent. Après avoir mis au jour le travail des réformateurs et réformatrices qui entendent « moderniser » l'aide alimentaire à travers la création de ces épiceries sociales, la thèse s'intéresse aux trajectoires sociales des salarié·es et des bénévoles qui déploient l'aide au quotidien. Elle examine ensuite la fabrique concrète de l'aide alimentaire en commençant par analyser les modalités d'accueil et de construction du public au guichet de ces épiceries. Elle donne à voir l'important travail réalisé par différents mondes sociaux - celui des « chauffeurs » qui livrent la marchandise, ceux de la « préparation » du magasin et de la « vente ». Enfin, la thèse analyse les rapports ordinaires à la politique institutionnelle des membres de ces associations, en les mettant en lien avec leurs conditions de vie et leurs expériences de ces espaces d'assistance. Elle examine les processus de politisation élargie qui s'y déploient, mettant au jour que les problèmes du quotidien comme l'accès aux droits, à l'alimentation ou l'expérience des discriminations traversent les discussions informelles dans ces associations. Cette thèse contribue ainsi à saisir tant l'ambivalence de la participation associative des classes populaires précarisées, entre engagement et mise au travail, que la fabrique de leur rapport au politique au croisement de l'expérience des marges de l'État social et des formes de précarité qui jalonnent leur trajectoire.