Le mur « biodiversitaire », une architecture support de biodiversité. Définition et étude théoriques, techniques et biologiques.

par Delphine Lewandowski

Projet de thèse en Architecture

Sous la direction de Robert Le roy et de Philippe Clergeau.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Ville, Transports et Territoires , en partenariat avec GSA - Géométrie Structure Architecture (laboratoire) depuis le 15-10-2019 .


  • Résumé

    La thèse s'inscrit dans le contexte d'un changement de paradigme au cœur des pratiques architecturales et urbanistiques actuelles, celle de l'accueil des êtres vivants dans la peau des bâtiments, comme une des réponses indispensables à la crise de la biodiversité (Rapport mondial de l'IPBES, 2019). Au-delà des nécessaires qualités techniques et architectoniques d'une façade - structure, isolation thermique et acoustique, gestion de l'eau, qualités esthétiques et d'usages, la réflexion porte sur les nouvelles fonctions nécessaires à l'accueil de la biodiversité, telles que le ruissellement et la présence de l'eau, le soutien d'un substrat à la verticale, les interstices en surface et en profondeur du mur, etc. Le mur « biodiversitaire », nouveau système de végétalisation vertical et mur végétalisé non-hydroponique, consiste en un substrat vivant continu de bas en haut à l'intérieur d'un mur. Cette couche continue de substrat devrait permettre de rendre le système le plus autonome possible grâce au ruissellement des eaux pluviales à l'intérieur du mur, et de laisser une place suffisante à l'installation spontanée d'une flore et d'une faune locales et urbaines. Le système du mur biodiversitaire donne lieu à des questionnements de recherche d'ordre théorique, technique et biologique : quelle différence avec la conception et la production de murs végétalisés existantes ? Quels milieux, artificiels mais vivants, crée-t-on ? Quels matériaux sont adéquats ? Quelles espèces végétales et animales spontanées ou introduites souhaite-on accueillir ? Et du point de vue de la conception architecturale : quelle limite donner entre ce qu'on contrôle et ce qu'on ne contrôle pas ? Ces questions dépassent la discipline architecturale, et nécessitent des réponses transversales et complémentaires, établies grâce à une approche multidisciplinaire en science des matériaux, écologie urbaine et science des sols. L'enjeu de la recherche est donc de définir les conditions techniques et biologiques d'un système de façade pour permettre le développement d'une biodiversité locale et spontanée, et de son intégration architecturale et urbaine à long terme.

  • Titre traduit

    The "Biodiverse" Wall, an Architecture that Supports Biodiversity. Theoretical, Technical and Biological Definition and Study.


  • Résumé

    The dissertation is set in the context of a paradigm shift at the heart of current architectural and urban planning practices that focuses on hosting nature in the skin of buildings, as one of the necessary responses to the biodiversity crisis (IPBES Global Assessment Report, 2019). Beyond the core technical and architectural qualities of a facade - thermal and acoustic insulations, structure, water management, esthetic, and usage aspects - the objective is to focus on new functions necessary to host biodiversity, such as runoff and presence of water, the support of a vertical substrate, the interstices on the surface and in the depth of the wall, etc. The “biodiverse” wall, a new Vertical Greenery System and non-hydroponic green wall, consists of a continuous living substrate from bottom to top inside the wall. This continuous layer of substrate aims at making the system as autonomous as possible through the rainwater runoff inside the wall and it should leave enough room for the spontaneous installation of local and urban flora and fauna. The biodiverse wall system raises many theoretical, technical, and biological research questions: What differentiates this system from the design and production of existing green walls? What artificial but living ecosystems are being created? What are the appropriate materials? What spontaneous or introduced plant and animal species do we want to host? And from the point of view of architectural design: what limit should we set between what we control and what we do not control? These questions go beyond the field of architecture, and require transversal and complementary answers, established thanks to a multidisciplinary approach in material science, urban ecology, and soil science. The research challenge is therefore to define the technical and biological conditions of a facade system in order to allow the development of local and spontaneous biodiversity, and its long-term architectural and urban integration.