Thèse soutenue

Modélisation de la variabilité et des tendances climatiques dans les Hautes Montagnes d'Asie pour une meilleure compréhension de leurs impacts sur la cryosphère

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Auteur / Autrice : Mickaël Lalande
Direction : Gerhard Krinner
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de la Terre et de l’Environnement
Date : Soutenance le 28/02/2023
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la terre, de l’environnement et des planètes (Grenoble, Isère, France ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut des géosciences de l'environnement (Grenoble, Isère, France ; 2017-....)
Jury : Président / Présidente : Delphine Six
Examinateurs / Examinatrices : Catherine Ottlé, Frédérique Cheruy
Rapporteurs / Rapporteuses : Bertrand Decharme, Richard Essery
DOI : 10.70675/b46454c6z6111z43a6za37az35ceee2c1651

Résumé

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Les Hautes Montagnes d’Asie (HMA) hébergent le plus gros stock de glace après ceux des régions polaires. Cette ressource constitue une réserve d’eau douce utilisée par près de 1,4 milliard d’habitants, ce qui en fait une région particulièrement vulnérable au changement climatique. HMA comprend les chaînes de montagnes les plus hautes de la planète, dont l’Himalaya, le Karakoram et l’Hindu Kush, qui entourent le Plateau Tibétain (TP), une zone de près de 2,5 millions km² avec une altitude moyenne d’environ 4 000 m.Étudier le changement climatique en HMA est un défi à cause de la topographie complexe de cette région qui rend délicate l’application de modèles de climat, et limite la possibilité de récolter des observations. L’enjeu de cette thèse est d’étudier la variabilité et les tendances climatiques en HMA. Elle se décline en deux principaux objectifs : (1) étudier et quantifier les changements climatiques en HMA à l’aide de modèles de circulation générale (GCMs) et de jeux d’observations, et (2) améliorer la représentation de la couverture de neige en région de montagne dans les GCMs.La plupart des GCMs simulent un biais froid sur la région HMA atteignant en moyenne annuelle -1,9 °C, associé à une surestimation de couverture neigeuse et des précipitations de 12 % et 1,5 mm j−1 respectivement (soit des biais relatifs de 52 % et 143 % par rapport aux observations). Aucun lien clair entre les biais des modèles et leur capacité à simuler les tendances n’a été mis en évidence, ce qui invalide la possibilité de discriminer des modèles en fonction de leurs biais dans la mise en place de projections futures.Le réchauffement médian simulé en HMA sur la période 2081-2100 par rapport à 1995-2014 atteint respectivement 1,9 et 6,5 °C dans les scénarios de basses (SSP1-2,6) et hautes (SSP5-8,5) émissions de gaz à effet de serre. Ce réchauffement est associé à une diminution relative de l'étendue de la couverture neigeuse de -9,4 à -32,2 % et à une augmentation relative des précipitations de 8,5 à 24,9 % dans chacun de ces scénarios respectifs. Le réchauffement est 11 % plus élevé en HMA par rapport aux autres surfaces continentales de l'hémisphère Nord, à l'exclusion de la zone Arctique.5 paramétrisations de la fraction de la couverture de neige (SCF) ont été testées, calibrées et validées à partir d’une réanalyse de neige en HMA. La relation entre SCF et hauteur de neige (SD) diffère fortement entre les zones plates et les régions montagneuses, ce qui induit une surestimation de SCF dans les paramétrisations qui ne tiennent pas compte de la topographie sous-maille. L'évolution de la SCF en fonction de la SD suit une hystérésis, avec une croissance rapide de SCF pendant la phase d'accumulation et un retrait « patchy » plus lent de la couverture neigeuse pendant les périodes d'ablation, discréditant les paramétrisations qui ne considèrent pas cet effet.L’utilisation d’une nouvelle paramétrisation adaptée aux régions de montagne dans le modèle LMDZ/ORCHIDEE permet de réduire le biais de SCF sur les régions montagneuses de 5 à 10 % en hiver, atténuant le biais froid annuel moyen en HMA de -1.8 °C à environ -1 °C. Cette valeur ajoutée est cependant parfois masquée par d’autres biais du modèle. L’utilisation de jeux de données complémentaires couvrant davantage de régions serait nécessaire pour permettre une calibration optimale des paramétrisations de SCF.Le manque d'observations de la quantité de neige dans les régions montagneuses constitue actuellement une limitation majeure à l'évaluation des paramétrisations de SCF. Par ailleurs, l'amélioration des paramétrisations de SCF est l'un des développements importants qui doit être pris en compte lors de l'élaboration des paramétrisations sous-mailles, qui sont particulièrement importantes pour améliorer les GCMs dans les régions montagneuses.