Facteurs de risque de la maladie de Parkinson chez les femmes de la cohorte E3N : rôle de l'activité physique, du poids et du diabète

par Berta Portugal (Martins portugal)

Projet de thèse en Santé publique - épidémiologie

Sous la direction de Alexis Elbaz.

Thèses en préparation à université Paris-Saclay , dans le cadre de École doctorale Santé Publique , en partenariat avec Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations (laboratoire) , Exposome et hérédité (equipe de recherche) et de Faculté de médecine (référent) depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative d'origine multifactorielle, plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Parmi les mécanismes impliqués dans son étiologie, le stress oxydant et l'inflammation jouent un rôle important. Bien que l'hypothèse reste controversée, certains arguments sont en faveur d'une porte d'entrée digestive d'un facteur exogène qui déclencherait l'agrégation de l'alpha-synucléine localement avant qu'elle ne s'étende de manière ascendante le long du nerf vague jusqu'au cerveau. Parmi les facteurs de risque environnementaux, les effets protecteurs de l'activité physique ont fait l'objet de plusieurs études. Une méta-analyse récente rapporte une association inverse chez les hommes, mais une association plus faible et non significative chez les femmes; cependant, seules quatre études d'observation ont examiné cette association chez les femmes. D'après d'autres études, les personnes en surpoids (25<IMC<30) ont un risque augmenté de maladie de Parkinson par rapport à celles ayant un IMC normal mais les résultats de ces études observationnelles ont été contredits par une étude en randomisation mendélienne d'après laquelle l'augmentation de l'IMC serait associée à une diminution du risque de maladie de Parkinson. Quant au diabète, son association avec la maladie de Parkinson est débattue. Tandis que des études de cohorte suggèrent que les antécédents de diabète sont associés à un risque augmenté de maladie de Parkinson, d'après l'une des études de cohorte (réalisée chez des hommes) qui a pris en compte l'exposition au diabète comme une variable dépendante du temps, le diagnostic de diabète avait tendance à être porté à proximité de celui de maladie de Parkinson et l'association entre diabète et maladie de Parkinson était limitée aux cas de diabète de courte durée (<5 ans) ; les auteurs concluaient que cette association était probablement due à un biais de détection lié à une augmentation des contacts médicaux dans les années précédant le diagnostic de maladie de Parkinson. L'objectif de la thèse est d'étudier la relation entre trois expositions et l'incidence de la maladie de Parkinson parmi les femmes de la cohorte E3N : - Activité physique, - Indice de masse corporelle et morphologie, - Diabète. Il s'agit de la plus grande étude de cohorte disponible sur la maladie de Parkinson chez des femmes. De plus, le long suivi de la cohorte est une force pour l'étude d'une maladie comme la maladie de Parkinson dont la plupart des cas sont survenus à distance de la date d'inclusion ; ceci permet de limiter de potentiels biais liés à la causalité inverse.

  • Titre traduit

    Risk factors of Parkinson's disease in women from the E3N cohort: role of physical activity, weight, and diabetes


  • Résumé

    Parkinson's disease is a neurodegenerative disease of multifactorial origin, more common in men than in women. Among the mechanisms involved in its etiology, oxidative stress and inflammation play an important role. Although the hypothesis remains controversial, there is some support for a digestive gateway of an exogenous factor that triggers the aggregation of alpha-synuclein locally before it grows upward, along the vagus nerve to the brain. Among the environmental risk factors, the protective effects of physical activity have been subject of several studies. A recent meta-analysis reports an inverse association in men, but a weaker and non-significant association in women; however, only four observational studies have examined this association in women. According to other studies, overweight people (25<BMI<30) have an increased risk of Parkinson's disease compared to those with normal BMI but the results of these observational studies have been contradicted by a mendelian randomization study according to which an increase in BMI is associated with a decreased risk of Parkinson's disease. Regarding diabetes, its association with Parkinson's disease is debated. While cohort studies suggest that the history of diabetes is associated with an increased risk of Parkinson's disease, according to one of the cohort studies (conducted in men) that took into account diabetes exposure as a time-dependent variable, the diagnosis of diabetes tended to be close to that of Parkinson's disease and the association between diabetes and Parkinson's disease was limited to cases with short-term diabetes (<5 years); the authors concluded that this association was probably due to a detection bias related to an increase in medical contacts in the years preceding the diagnosis of Parkinson's disease. The aim of the thesis is to study the relationship between three exposures and the incidence of Parkinson's disease among women in the E3N cohort: - Physical Activity; - Body mass index and morphology, - Diabetes. This is the largest cohort study available on Parkinson's disease in women. In addition, the long follow-up of the cohort is a strength of the study for a disease such as Parkinson's disease, for which most cases occurred at a distance from the inclusion date; this helps to limit potential biases related to reverse causality.