La perception de la féminité et sa relation au maquillage

par Anna Loegel

Thèse de doctorat en Science technique des activités physique et sportive (STAPS)

Sous la direction de Paul Fontayne et de Sandra Courrèges.


  • Résumé

    Ce travail de thèse questionne la perception de la féminité et sa relation au maquillage. Cette recherche est initiée par l’étude de l’impact du maquillage sur la modification d’une caractéristique du dimorphisme sexuel : le contraste facial (CF) (Russell, 2003, 2009). Nous avons démontré que malgré la pertinence du CF, celui-ci est insuffisant pour rendre compte du lien maquillage/féminité. Ces résultats nous interpellent quant à la seule présence du maquillage pour évaluer la féminité sans se référer aux caractéristiques biologiques. Le maquillage, par sa représentation sociale, est fortement lié à celle de la féminité. Le soin du corps qu’il représente en fait un élément central pour la féminité des femmes. Huguet et al. (2006) démontre l’existence d’un stéréotype « ce dont on a pris soin est bien » pouvant être activé par la présence de maquillage. Nous avons démontré l’existence d’une norme sociale astreignant les femmes à se maquiller pour être féminine, où le maquillage est une condition nécessaire pour obtenir non seulement des jugements de féminité élevés mais également un ensemble de caractéristiques positives. La perception de la féminité intègre dans son processus de réalisation à la fois des indices perceptifs mais fait également appel aux connaissances disponibles en mémoire, les stéréotypes, les représentations et les normes sociales rendues accessibles par le maquillage. Nous pouvons alors conclure que le maquillage n’est pas, par nature, féminin et positif mais qu’il est utilisé comme un élément de référence dans une conception multidimensionnelle de la féminité.

  • Titre traduit

    The perception of femininity and its relationship to makeup


  • Résumé

    This project questions the perception of femininity and its relationship to make-up. It is prompted by the impact makeup has on the alteration of a sexual dimorphism characteristic : the facial contrast (FC) (Russell, 2003, 2009). We have shown that in spite the FC’s prominence, it remains insufficient to account for the link between make-up and femininity. The results challenge the presumption that makeup is present in assessing femininity, without taking into account biological characteristics. By its social representation, make-up is strongly linked to the idea of femininity. Because makeup is representative of self body-care in women, it becomes a central element for the representation of femininity. Huguet et al. (2006) demonstrates the existence of a stereotype such as « what has been cared for is good », which can be activated by the presence of makeup. We have demonstrated the existence of a social norm that compels women to wear make-up in order to be feminine exists, where makeup becomes a necessary condition for obtaining not only feminine judgements, but also a set of positive characteristics. The process of acknowledging the perception of femininity incorporates perceptive characteristics, as well as using available knowledge in memory, stereotypes, social representations and social norms brought to the fore by makeup. We can then conclude that make-up is not feminine and positive by nature, but that is used as a reference element in multi-dimensional perceptions of femininity.