Du sens. Hellénisme, hébraïsme, imagination chez Heinrich Heine, Théophile Gautier et Walter Pater (1853-1893)
| Auteur / Autrice : | Étienne Bigné |
| Direction : | Éric Dayre |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature générale et comparée |
| Date : | Soutenance le 29/09/2023 |
| Etablissement(s) : | Lyon, École normale supérieure |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'études et de recherches comparées sur la création (Lyon ; 2010-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Claude Rétat |
| Examinateurs / Examinatrices : Claude Rétat, Bernard Franco, Anne-Florence Gillard-Estrada, Laurent Cassagnau, Philippe Zard | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Bernard Franco, Anne-Florence Gillard-Estrada |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
« Tous les hommes sont des Juifs ou des Hellènes, des hommes aux instincts ascétiques, hostiles aux images et avides d’intériorité, ou des hommes heureux de vivre [et] fiers de prospérer » : en se réclamant ainsi du paganisme antique, Heine rejoint Gautier et Pater. Ces trois auteurs « pour qui le monde visible existe » défendent un vaste programme de réhabilitation du corps, un « sensualisme » qui n’est ni idéalisme ni matérialisme et s’engage dans une critique du « spiritualisme » chrétien et du rationalisme scientifique, au profit d’une foi dans les pouvoirs transitifs de la poésie. Notre étude montrera en quoi le sensualisme païen de nos trois auteurs, entre classicisme, romantisme et modernité, s’offre à la fois comme démarche de réévaluation de l’imagination poétique et comme tentative de « défamiliarisation » (W. Marx) de l’Antiquité. Cette volonté de déviance ou d’« écart » fait ainsi de l’art une puissance du singulier qui défend aussi, dans une tradition humaniste, une vision normative pour la cité. On s’intéressera ainsi à ce paganisme lumineux, religion de la chair et de la joie qui fait des corps marmoréens des idéaux terrestres. Entre tradition et révolution, on envisagera la tension entre deux régimes d’historicité au coeur d’une modernité prosaïque où les anciens dieux survivent « en exil » et où tente de se redéfinir la relation à la croyance religieuse. Ce travail s’attachera enfin à la critique de l’hégémonie du logos : à l’heure où la scientificité rationnelle tend à devenir l’unique critère de validité du discours de savoir et de vérité, Heine, Gautier et Pater affirment au contraire la puissance de la poésie à dire et habiter le monde.