Nudité frontale et sexe explicite dans les séries télévisées de HBO : entre attraction "gratuite" et art hardcore

par Benjamin Campion

Projet de thèse en Études cinématographiques

Sous la direction de Sarah Hatchuel et de Ronan Ludot-Vlasak.

Thèses en préparation à Normandie , dans le cadre de École doctorale histoire, mémoire, patrimoine, langage (Mont- Saint- Aignan, Seine-Maritime) depuis le 15-09-2017 .


  • Résumé

    Dès la création de sa première comédie originale (1st & Ten, 1984-91), la chaîne du câble premium HBO s’est appuyée sur un statut censorial à part dans le paysage audiovisuel américain pour afficher – et en même temps questionner – son rapport artistique à la nudité et au sexe. À partir de 1996, celui-ci s’est ouvert à des types de représentation plus extrêmes (nudité frontale, sexe explicite) sous l’impulsion d’une politique de démarcation symbolisée par le slogan « It’s not TV. It’s HBO ». L’objectif étant, selon la rhétorique paratextuelle de la chaîne, de s’inscrire dans le champ des beaux-arts et d’éviter ainsi de provoquer « gratuitement » ses spectateurs par de stricts effets attractionnels. Cette thèse visera à interroger ce discours officiel en analysant d’un point de vue esthétique, historique et culturel la nudité frontale et les scènes de sexe explicite figurant dans les séries de HBO. Entre vacuité et signifiance (esthétique, narrative, idéologique), entre inconvenance et légitimité (selon qu’elles sont « réelles » ou simulées), les écarts interprétatifs révélés par la lecture de ces représentations sexuelles nous renseigneront dialectiquement sur la viabilité et la pérennité potentielle à la télévision américaine d’un art sériel hardcore, c’est-à-dire d’une fiction au contenu sexuel explicite non pornographique susceptible de redéfinir ce que l’on entend aujourd'hui par série télévisée américaine adulte.