La ré-interrogation du concept de trames en architecture par le processus d'industrialisation du bâtiment en France des années 1950 à 1980.

par Manon Scotto

Projet de thèse en Architecture

Sous la direction de Catherine Maumi.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble) , en partenariat avec Métiers de l'Histoire de l'Architecture ; édifices, villes, territoires. (laboratoire) depuis le 01-01-2017 .


  • Résumé

    L'objectif de ce travail de recherche est double, soulevant d'une part une démarche propre à la discipline architecturale où il s'agit de questionner l'utilisation des trames, comme systèmes combinatoires et géométriques complexes, dans le processus de conception architecturale ; et de saisir d'autre part cet usage dans un réseau de facteurs multiples liés à la période des années 1950 à 1980 que sont l'incitation étatique à l'industrialisation de la construction (Plan Construction, Modèles-Innovations) ou l'apport de l'informatique (développement des logiciels de dessin/modélisation). Nous proposons l'hypothèse selon laquelle l'innovation technique nourrit l'innovation de la conception en architecture, et où construire devient un processus à la fois technique et esthétique. Face à une sollicitation gouvernementale prônant une production architecturale préfabriquée de l'habitat individuel, les trames constituent selon nous un outil de création essentiel de l'architecte pour penser l'espace bâti et ne pas se restreindre au rôle de l'ingénieur ou du constructeur. Dans un contexte actuel où la voix de l'architecte se voit parfois étouffée par celle des entrepreneurs ou des grands groupes de construction, ce sujet réinterroge sa portée créatrice face aux modes de production. Le projet de thèse déposé renvoie donc à des questions on ne peut plus présentes dans le débat contemporain, interrogeant la mission de l'architecte, l'évolution de sa pratique, dans un monde où les enjeux économiques, normatifs et industriels sont devenus incontournables, tant dans la conception que l'édification de l'architecture. L'entrée par les trames est d'autant plus pertinente qu'elle permet de croiser les enjeux spécifiques à la conception architecturale avec les impératifs constructifs, pour interroger le processus de fabrication de l'architecture dans son entier. Cette recherche se propose ainsi d'analyser les outils intellectuels de conception élaborés par plusieurs architectes, dont Pierre Lajus (1930-/), Fabien Vienne (1925-2016) et Philippe Vuarnesson (1928-2008), pour imaginer un habitat industrialisé à la fois économique, modulaire et évolutif. Ce travail tentera ainsi de comprendre en quoi ces postures architecturales mobilisent les possibilités offertes par les procédés industriels du bâtiment, de façon à maîtriser l'ensemble de la fabrication de l'espace, et édifier une architecture qui ne soit pas le produit de l'industrie mais qui, au contraire, mette ce potentiel à son service.

  • Titre traduit

    Re-interrogation of the concept of wefts in architecture by the process of industrialization of the construction in France between 1950 and 1980.


  • Résumé

    The objective of this research is double, developping on one hand an approach of the architectural discipline where the main objective is to interrogate the use of the wefts, as complex combinatorial and geometric systems, in the process of architectural conception; and to understand on the other hand this use in a network of multiple factors linked to the period of the 1950s to 1980 what are state incentives to industrialization (Plan Construction, Modèles-Innovation) or contribution of the computing (development of drawing/modeling software). We propose the hypothesis according to which the technical innovation feeds the innovation of the design in architecture, and where to build becomes a process at the same time technical and esthetic. In front of a governmental request that advocates a prefabricated architectural production, the wefts constitute according to us an essential tool of creation of the architect to think the built-space and not content itself at the role of the engineer or builder. In a current context where the voice of the architect is sometimes suffocating by the one of the entrepreneurs or big groups of builders, this subject re-examine the creative impact of the architect in front of production methods. This thesis project is perfectly integrated into a contemporary debate, questioning the mission of the architect, the evolution of its practice, in a world where the economic, normative and industrial stakes became inescapable, both in the conception and the building of the architecture. The approach of the subject by the wefts is especially relevant as it allows to cross the specific stakes to the architectural conception with the constructive imperatives, to question in a complete way the manufacturing process of the architecture. This research suggests to analyse the intellectual tools of conception, developed by different architects, including Pierre Lajus (1930-/), Fabien Vienne (1925-2016) and Philippe Vuarnesson (1928-2008), to imagine an economic, modular and evolutive industrialized housing. This work will try to understand how these architectural postures mobilize the possibilities offered by the industrial processes of the building, in a such way as to control the entire production of space, and to build an architecture that is not the product of the industry but, on the contrary, puts this potential at its service.