Du manse à la place-forte, ou de l'architecture d'origine féodale dans la région du Pic-Saint-Loup, du XIIe au XVIIe siècle
| Auteur / Autrice : | Thomas Robardet |
| Direction : | Géraldine Mallet, Catherine Titeux |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Architecture |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 11/12/2021 |
| Etablissement(s) : | Montpellier 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (Montpellier ; 1991-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CEMM - Centre d'Etudes Médiévales de Montpellier |
| Jury : | Président / Présidente : Alain Salamagne |
| Examinateurs / Examinatrices : Géraldine Mallet, Hervé Mouillebouche, Nicolas Faucherre, Catherine Titeux, Thierry Verdier, Géraldine Victoir, Florence Guillot | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Hervé Mouillebouche, Nicolas Faucherre |
Mots clés
Résumé
Au XIIe siècle, la répartition des biens nobles dans le diocèse de Maguelonne se stabilise. Les fiefs sont généralement répartis sous lautorité comtale de Mauguio Montferrand ou dans le temporel épiscopal. Manse et castrum ne sont des cadres dans lesquels se déclinent une infinité de réalités architecturales. La mise en valeur des terres, partiellement visible dans les textes, a durablement marqué les roca et les collines. Les murs de soutènement et les enclos en pierres sèches sont les principales traces de ces exploitations. Le relevé et le dessin ont révélé un environnement densément travaillé, structuré jusque dans les pentes les plus fortes autour des sites. La proximité du monde agricole est pastorale avec lhabitat, quil soit seigneurial ou paysan, et constante. La nature et la densité de ces constructions sont extrêmement variables dun site à lautre. À Mirabel, le château est presque gommé par l'habitat. Inversement, les deux tours du castrum de Claret sont monumentales. De manière récurrente, les maisons sont structurées sur deux niveaux, uniques pièces de lhabitat. Les caractéristiques architecturales permettant de distinguer l'habitat aristocratique de lhabitat paysan sont parfois minces. A Montferrand et à Laroquette, les maisons de milites castri sont néanmoins reconnaissables par le soin de leurs maçonneries. Les castra et les manses, qui se développent durant le XIIe siècle et la première moitié du XIIIe siècle, ont recours à des dispositifs de défense rudimentaires. Les seigneurs disposant de moyens importants concentraient la fortification sur les points stratégiques du site, peu protégés par le relief : le système du mur bouclier. La tour est aussi une fortification ponctuelle, parfois la seule de tout le site comme aux mas de Bras, de Cairol ou à Montredon. Elle constitue le bâtiment fort, symbole du fief et du clan, tant utilisé au cur des castra que des manses. Ces tours servent parfois de grenier et sont aménagées de sorte à ventiler les denrées. Le XIIIe siècle introduit une architecture castrale monumentale. Loin de stopper une manière de construire locale, elle sinsère au milieu de castra et de manses encore en pleine activité. Le chantier entrepris au début du XIIIe siècle à Montferrand est colossal. En utilisant un vocabulaire architectural neuf et imposant, au cur de son château, le comte de Toulouse renforce son autorité sur un territoire quil entend unifier. Ces édifices ostentatoires profitent finalement aux évêques de Maguelone qui reprennent le comté en main. Ces derniers, disposant dun outil de domination et de pouvoir démesuré, le château de Laroquette est reconstruit au milieu du XIIIe siècle par lautorité royale. Il sagit de saper lautorité comtale. La guerre de Cent Ans et le besoin de protection imposé par les routiers organisés et armés, font basculer la fortification dans une nouvelle logique defficacité. Le castrum disparait et laisse place au fort-villageois, plus protecteur que le château du seigneur ou que lunique tour du manse. Les sites perchés, peu adaptés au changement dépoque, sont progressivement abandonnés ou délocalisés dans la vallée. Au XVIe et au début du XVIIe siècle, les guerres de Religions, entraînent un bouleversement dusage dans certains sites. Le château haut de Montferrand est transformé en caserne, un projet de bastionnement est entrepris dans les parties basse de la place. Les enceintes médiévales peu adaptées, doivent être remplacées par des fortifications modernes mais le chantier est avorté. Dans une moindre mesure, à Tournemire, lancien forcia qui devient un lieu de refuge est adapté. La prise de Montpellier en 1622 signe la fin du dernier rôle stratégique des sites fortifiés du Pic-Saint-Loup. Le positionnement perché lié à un impératif de domination féodale na plus de raison dêtre. Les sites sont progressivement abandonnés ou délocalisés.