Mouvement relatif et cosmologie dans l'écriture de la "science nouvelle", 1610-1759

par Arianne Margolin

Thèse de doctorat en Langue et littérature françaises

Sous la direction de Stephane Lojkine.

Thèses en préparation à Aix-Marseille , dans le cadre de Langues, lettres et arts (354) .


  • Résumé

    Ma thèse examine le rôle du mouvement relatif comme un dispositif littéraire dans les expériences de pensée cosmologiques envisionnées par les grands vulgarisateurs coperniciens de l'âge classique : Galilée, Kepler, Descartes, Cyrano de Bergerac, Voltaire et la marquise du Châtelet. La première moitié de la "révolution copernicienne" (1610-1759) témoigne non seulement la naissance de la lunette astronomique, mais surtout une réévaluation de la peinture cosmologique médiévale, selon laquelle l'univers (le Monde) comprenait de trois domaines séparés : les cieux, l'enfer et la Terre, dont chacun possède son propre système de lois physiques. En 1610, Galilée et Kepler tournèrent leur télescope vers la Lune en remarquant que sa surface montagneuse et tachée ressemblait à "une autre Terre" et que ces deux corps tournaient l'une autour de l'autre, une affirmation implicite de la pluralité des mondes, une doctrine libertine interdite par l'Eglise ainsi que par le Synode luthérien. Mais en dépit du risque de l'excommunication et de la mort, Galilée et Kepler abordèrent les expériences de pensée illustrant le mouvement relatif dans le Dialogue sur les deux grands systèmes du Monde (1632) et le Songe (1634). Ces oeuvres inspirent également les grands vulgarisateurs de l'âge classique, notamment Descartes et Cyrano, et les hommes de lettres au laboratoire de Cirey durant la première moitié du siècle des Lumières, Voltaire et son amie, la marquise du Châtelet, qui reprennent leurs idées à la recherche de nouvelles expériences de pensée.

  • Titre traduit

    Relative Motion: Observation and Thought Experiment (1610-1759)


  • Résumé

    My dissertation explores the role of relative motion as a literary device in thought experiments on cosmology imagined by the great Copernican popularizers Galileo, Kepler, Descartes, Cyrano de Bergerac, Voltaire, and Madame du Châtelet. The first half of the Copernican Revolution (1610-1759) not only involved the development of the telescope, but also a re-evaluation of the medieval cosmological picture, according to which the Universe (the World) was divided into three discrete realms: The heavens, hell, and the Earth, each having its own sets of physical characteristics. In 1610, Galileo and Kepler pointed their telescopes toward the Moon and remarked that its craterous and mountainous surface resembled ‘another Earth' and observational evidence that demonstrated terrestrial motion on its axis and arouns the Sun, indirect affirmations of the plurality of worlds, a doctrine banned by both the Catholic Church and the Lutheran Synod. Yet despite the risk of excommunication and death, Galileo and Kepler introduced thought experiments illustrating relative motion in the Dialogue on the Two Chief World Systems (1632) and the Somnium (1634). These works inspired the two great 17th-century French popularizers and thought experimenters of science, Descartes and Cyrano, and the 18th-century laboratory of Cirey (Voltaire and Du Châtelet) to explore and refute their ideas by use of thought experiment.