Le territoire industriel du jais et du peigne, Ariège et Aude, XVIIIe-XIXe siècle. Des industries rurales connectées au monde.

par Bruno Evans

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jean-Michel Minovez.

Thèses en préparation à Toulouse 2 , dans le cadre de Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (TESC) , en partenariat avec FRAMESPA - France, Amériques, Espagne - Sociétés, pouvoirs, acteurs (UMR 5136) (equipe de recherche) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Les territoires industriels ruraux du Midi ont longtemps été invisibilisés. Or, plusieurs d’entre eux étaient relativement puissants et connectés au monde, tels celui du jais et du peigne dans l’Aude et l’Ariège. L’industrie du jais consistait en la fabrication d’une « infinité d’ouvrages de bijouterie », en particulier des perles taillées et polies par dizaines de millions dans des moulins dès le XVIe siècle. Les peignes furent d’abord fabriqués grâce aux buis du piémont pyrénéen, puis à partir de 1710, aussi en corne. Vers 1750, le territoire exportait ses produits de l’Empire ottoman à l’Amérique pour plus de 500 000 livres uniquement pour le jais ; il recevait en retour des denrées exotiques. Tandis que le jais disparaissait progressivement au XIXe siècle, le peigne augmentait sa production grâce à un fort dynamisme entrepreneurial, une mécanisation fondée sur l’hydraulique et l’importation massive de millions de cornes d’Amérique latine et de Turquie ainsi que de buis du Levant.

  • Titre traduit

    The industrial territory of jet and comb, Ariège and Aude, 18th-19th century. Rural industries connected to the world.


  • Résumé

    The rural industrial territories of the Midi have long been invisible. However, several of them were relatively powerful and connected to the world, such as the jet and comb industry in the Aude and Ariège. The jet industry consisted of the manufacture of an "infinite number of jewelry items", in particular pearls cut and polished by the tens of millions in mills as early as the 16th century. Combs were first made from the boxwoods of the Pyrenean foothills, then from 1710, also from horn. Around 1750, the territory exported its products from the Ottoman Empire to America for more than 500,000 pounds just for the jet; it received exotic goods in return. While the jet disappeared gradually in the 19th century, the comb increased its production thanks to a strong entrepreneurial dynamism, a mechanization based on hydraulics and the massive importation of millions of horns from Latin America and Turkey as well as boxwood from the Levant.