La liberté des protégés : souverains, ministres et serviteurs des monarchies marocaine et tunisienne sous protectorat français (1881-1956)

par Antoine Perrier

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Paul-André Rosental et de M'hamed Oualdi.

Thèses en préparation à Paris, Institut d'études politiques , dans le cadre de Institut d'études politiques (Paris). École doctorale depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Les monarchies beylicale et chérifienne sont maintenues par la France lorsqu’elle installe son protectorat en Tunisie (1881) et au Maroc (1912). Ce travail reconstitue l’histoire de leurs institutions politiques et de leurs fonctionnaires confrontés à l’installation d’administrations coloniales. Il entend expliquer comment les monarchies ont réagi à la présence coloniale en s’appuyant sur l’association de deux corpus. Le premier, classique, regroupe les sources coloniales et la documentation juridique pour saisir le protectorat comme objet de droit administratif. Le second, plus inédit, est composé d’archives en langue arabe produites par les souverains, ministres et serviteurs des deux pays. La combinaison des sources permet de comprendre comment deux monarchies polycentriques se sont recomposées face à la domination coloniale. Ce travail montre ainsi que les acteurs marocains et tunisiens ont été les principaux auteurs d’une réforme de la monarchie refusée par les autorités coloniales. Son hypothèse principale est que le caractère mosaïque des monarchies a permis la survie de services publics autonomes sans lesquels les deux pays étaient ingouvernables. Forts de ce rapport de force, les monarques et serviteurs marocains et tunisiens ont pu s’opposer à l’autorité coloniale avec une intensité progressive jusqu’aux indépendances. Ce travail contribue à repenser les limites de « l’État » en contexte nord-africain en mettant en lumière des administrations jusqu’alors ignorées des sources coloniales. Il nourrit également l’histoire comparée d’une monarchie sortie triomphante de la colonisation au Maroc et d’une autre disparue en Tunisie dès la première année de l’indépendance.

  • Titre traduit

    The freedom of the protégés. Sovereigns, ministers and civil servants of the Moroccan and Tunisian monarchies under French protectorate (1881-1956)


  • Résumé

    The Beylical and Cherifian monarchies were maintained by France when its protectorate was established in Tunisia (1881) and Morocco (1912). This dissertation intends to write the history of their political institutions and civil servants facing colonial administrations by explaining how the monarchies reacted to the colonial presence. It relies on the association of two corpuses. The first, a classic one, combines colonial sources and legal documentation to understand the protectorate as an object of administrative law. The second, more original, is composed of archives in Arabic produced by the sovereigns, ministers and servants of both countries. The combination of sources helps to understand how two polycentric monarchies were recomposed under colonial domination. This work thus shows that Moroccan and Tunisian actors were the main authors of the reform of the monarchy which is rejected by the colonial authorities. Its main hypothesis is that the survival of autonomous public services was enabled by the mosaic nature of the monarchies. Leaning on powerful public services, the Moroccan and Tunisian monarchs and servants were able to oppose the colonial authority with a progressive intensity until independence. This work helps to rethink the limits of the "State" in the North African context by highlighting administrations that have hitherto been ignored by colonial sources. It also feeds the comparative history between a triumphing monarchy in Morocco and another that disappeared in Tunisia in the first year of independence.