Le Louvre des écrivains, institution muséale et imaginaire littéraire

par Florence Pettelat

Projet de thèse en Littérature générale et comparée

Sous la direction de Serge Linares.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Sceaux, Hauts-de-Seine ; 2015-....) , en partenariat avec Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines (laboratoire) et de Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Dans la culture française, le Louvre est un vecteur essentiel du dialogue entre les arts et les lettres depuis l'organisation des Salons au XVIIIe siècle et la création du musée à l'orée du XIXe siècle. Quelle place les hommes de plume occupent-ils dans l'histoire et la représentation de cette institution ouverte au public ? Nombre d'entre eux ont eu des relations professionnelles ou passionnelles avec le Louvre. Stendhal fut chargé de l'inventaire des œuvres saisies par les armées napoléoniennes, Mérimée fut conservateur du musée. Diderot, Gautier, Baudelaire, Apollinaire développèrent au Louvre leur œuvre critique. Bien d'autres encore, de Balzac à Malraux, de Huysmans à Bonnefoy, furent des habitués et des amoureux – pas toujours inconditionnels – du lieu. Le Louvre revêt plusieurs statuts dans les lettres françaises. En accueillant le Salon de peinture, il est à l'origine d'un genre, la critique d'art, qui n'a cessé de redéfinir ses contours énonciatifs et esthétiques. Il est aussi devenu un motif et un espace d'expression littéraire. Un motif parce que les évocations directes ou indirectes du musée et de ses collections sont fréquentes dans les textes romanesques ou poétiques, et révèlent sa force de percussion sur l'imaginaire des écrivains. Un espace d'expression littéraire parce qu'il a donné lieu, dans la dernière décennie, à des expositions dont des auteurs reconnus ont orienté l'organisation (ainsi Le Clézio et Toussaint), et qui ont permis d'expérimenter de nouvelles relations entre les arts, entre les civilisations, voire entre les publics. Nous voulons analyser, dans une étude au croisement de la littérature et de l'histoire culturelle, les liens entre le musée du Louvre et le fait littéraire dans la variété de leurs modalités et de leurs enjeux, y compris pour l'institution.

  • Titre traduit

    The writer's Louvre, museum institution and literary imagination


  • Résumé

    In French culture, the Louvre has been an essential medium of the dialogue between arts and literature, since the organisation of the first Salons in the 18th century and the creation of the museum at the edge of the century. What place do writers hold in the history and representation of that public institution? Many of them had professional or personal relations with the Louvre. Stendhal was in charge of the inventory of works of art seized by Napoleonian armies, Mérimée has been the museum's curator. Diderot, Gautier, Baudelaire, Apollinaire developed in the Louvre their critical works. Many others, from Balzac to Malraux, from Huysmans to Bonnefoy, were regular and – not always unconditional – lovers of the place. The Louvre assumes several statutes in French literature. By accommodating the Salons, it is at the origin of a genre, art criticism, which constantly redefines its enunciative and aesthetic outlines. It also became a motive and a place for literary expression. A motive because direct or indirect evocations of the museum are frequent in novelistic and poetic works, and reveal how forceful it is for writers' imagination. A place for literary expression because in the last decade, it has housed several exhibitions whose organization was guided by writers. They permitted to experience new relationships between arts, civilizations, even public. We want to analyse, in a study at the junction of literature and cultural history, the links between the Louvre and the literary act, in the variety of their forms and stakes, including the institution.