"Retour à l'Europe" : la pensée dissidente tchèque (tchécoslovaque) et le projet européen

by Nathanaël Dupré la Tour

Doctoral thesis in Science politique. Europe

Under the supervision of Jacques Rupnik.

defended on 2006

in Paris, Institut d'études politiques .

  • Alternative Title

    ˜"œReturn to Europe" : the Czech (Czechoslovakian) dissident thought and the European plan


  • Abstract

    The Czechoslovakian dissident thought has been broadly built, in the communist period, on an idea of Europe whose critical outreach has not faded with the totalitarian regime. Even among the ones who had struggled against the communist regime on behalf on the Czechoslovakian europanism, some are become avowed opponents of the European Union, and even the most favourable towards the construction do not spare their critics. How such a process could happen ? In order to understand it, it is necessary to question the very notion of “return to Europe”. Around the philosopher Jan Patočka in particular a thought of “return to Europe” has been worked out, which considers “care of the soul” as the founding principle of the European culture, whether it declines in the scientific, moral or political form. This working out of the European heritage allows to rethink the political modernity in the mirror of what it should have been if it had not been artificially separated from its ground. This Europeanism criticizing the modernity draws itself to ways of thinking we have tried to identify”. The Prague Spring’s “revisionnism” first, thought of a socialism with a human face and which would be embodied in the specifity of a national experience. The husserlian thought of European crisis secondly, which disposes the grounds of a phenomenological critic of modernity whose main topics will be taken by Patočka and Havel. At last the Masarykian vision of democracy and humanism, ingrained in a democratic messianism which can explain some ex-dissidents atlantism today.


  • Abstract

    La pensée dissidente tchécoslovaque s'est largement construite, à l'époque communiste, sur une idée de l'Europe dont la portée critique ne devait pas s'effacer avec le régime totalitaire. Parmi ceux-là mêmes qui avaient lutté contre le régime communiste au nom de l'européanisme tchécoslovaque, certains sont devenus des adversaires déclarés de l'Union européenne, et même les plus favorables à la construction ne lui épargnent pas leurs critiques. Comment un tel processus a-t-il pu avoir lieu ? Il faut pour le comprendre interroger la notion même de "retour à l'Europe". Autour du philosophe Jan Patočka, notamment, s'est élaborée une pensée du "retour à l'Europe" qui fait du "soin de l'âme" le principe fondateur de la culture européenne, qu'il se décline sous forme scientifique, morale ou politique. Cette formulation de l'héritage européen permet de repenser la modernité politique au miroir de ce qu'elle aurait dû être si elle ne s'était coupée de sa source. Cet européanisme critique de la modernité puise lui-même à des courants de pensée que nous avons essayé d'identifier. Le "révisionnisme" du Printemps de Prague, d'abord, pensée d'un socialisme "à visage humain" et qui s'incarnerait dans la spécificité d'une expérience nationale. La pensée husserlienne de la crise de l'Europe, ensuite, qui jette les bases d'une critique phénoménologique de la modernité dont Patočka et Havel reprendront les principaux thèmes. La vision masarykienne de la démocratie et de l'humanisme, enfin, ancrée dans un messianisme démocratique qui peut expliquer l'atlantisme de certains ex-dissidents aujourd'hui.

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Informations

  • Details : 1 vol. (725 p.)
  • Notes : Publication non autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 684-713

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