Résolution de problèmes inverses par apprentissage automatique informé par la physique pour la dynamique des inondations
| Auteur / Autrice : | Hugo Boulenc |
| Direction : | Jérôme Monnier, Pierre-André Garambois |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Mathématiques et Applications |
| Date : | Soutenance le 26/05/2026 |
| Etablissement(s) : | Université de Toulouse (EPE ; 2025-...) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Mathématiques, informatique et télécommunications (Toulouse) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : IMT : Institut de Mathématiques de Toulouse - Institut de mathématiques de Toulouse |
| établissement délivrant conjointement le doctorat : Institut national des sciences appliquées (Toulouse ; 1961-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Didier Auroux |
| Examinateurs / Examinatrices : Hélène Barucq, Laurent Risser, Olivier Delestre | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Didier Auroux, Arthur Vidard | |
| DOI : | 10.70675/cd7abd7az3781z443czbc2dz9298fb96c1e7 |
Résumé
Ce travail de thèse porte sur la résolution de problèmes inverses de type identification de paramètres par des algorithmes d'apprentissage automatique informé par la physique, appliqués à des modèles d’hydraulique et de dynamique d'inondations. Pour simuler et prédire correctement de tels écoulements, une calibration des modèles est nécessaire afin de déterminer certains paramètres spatialement distribués, comme la friction entre l'écoulement et le sol. Cette phase de calibration se fait en résolvant un problème inverse basé sur des observations de hauteur d'eau et/ou de débit en certains points du domaine, et un modèle physique basé généralement sur des équations aux dérivées partielles.Une méthode traditionnellement utilisée pour résoudre ce type de problème inverse en grande dimension est l'assimilation variationnelle de données. En dépit de la précision de cette dernière, son coût de calcul est de l'ordre de centaines de fois le coût du modèle direct, ce qui peut se révéler rédhibitoire dans certaines situations. L'idée étudiée dans ce manuscrit est donc d'utiliser l'apprentissage automatique informé par la physique pour obtenir des algorithmes capables de calibrer de manière efficace des modèles d’équations aux dérivées partielles, ici appliqués à l’hydrodynamique.Dans un premier temps, plusieurs algorithmes d'apprentissage automatique informé par la physique sont étudiés. Ils sont ici catégorisés, avec l'approche basée sur l'approximation d'opérateur et l'approche basée sur l'approximation de la fonction solution. Certains de ces algorithmes sont directement issus de la littérature tandis que d'autres sont introduits dans le cadre de ce travail de thèse : le réseau de neurones pleinement paramétré informé par la physique pour l'approximation d'opérateur et le réseau de neurones semi-paramétré informé par la physique pour l'approximation de la fonction solution. Un formalisme permettant de comparer directement les performances de ces algorithmes avec la méthode de l'assimilation variationnelle de données est décrit, et une estimation des coûts de calcul est proposée.Après avoir comparé les algorithmes sur un modèle d’hydraulique 1D simple, le réseau de neurones semi-paramétré informé par la physique est alors comparé à l'assimilation variationnelle de données sur un problème inverse en grande dimension avec le modèle 2D de Saint-Venant. La précision des deux approches est similaire, mais le temps de calcul est très différent : le réseau de neurones semi-paramétré informé par la physique est environ 500 fois plus rapide que l'assimilation variationnelle de données.Par la suite, le réseau de neurones semi-paramétré informé par la physique est évalué sur différents cas-tests basés sur des données réelles d’écoulements à surface libre, sur topographie réelle et avec influence significative des conditions aux limites. Le premier est un cas-test d'inférence de coefficient d'infiltration sur un bassin versant avec un modèle d'hydraulique couplé à un modèle d'hydrologie. Le second est un cas-test d'inférence de friction basé sur un bief de rivière.Au cours de ces expériences numériques, il est notamment observé que les réseaux de neurones informés par la physique, bien que capables de résoudre efficacement des problèmes inverses en grande dimension, ne parviennent pas à reproduire correctement le phénomène de propagation d'information au sein de l'écoulement, ici modélisé par le modèle 2D de Saint-Venant.En conclusion, ce travail de thèse a permis de mettre en avant les perspectives prometteuses qu'offrent les méthodes basées sur l'apprentissage automatique informé par la physique en termes de résolution efficace de problèmes inverses en grande dimension, mais a aussi montré que ces dernières pourraient bénéficier d'améliorations afin de représenter plus finement des phénomènes physiques complexes, en particulier la propagation d'information dans les systèmes hyperboliques non-linéaires.