Estimation des émissions de CO2 dans l'aire urbaine de Paris à partir de mesures de colonnes totales
| Auteur / Autrice : | Josselin Doc |
| Direction : | François-Marie Bréon, Michel Ramonet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Géosciences |
| Date : | Soutenance le 20/01/2026 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale des sciences de l'environnement d'Île-de-France |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (Gif-sur-Yvette, Essonne ; 1998-....) |
| Référent : Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines | |
| graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Géosciences, climat, environnement et planètes (2020-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Philippe Bousquet |
| Examinateurs / Examinatrices : Lukas Emmenegger, Félix Vogel, Martine De Mazière, Noémie Taquet | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Lukas Emmenegger, Félix Vogel |
Résumé
Les émissions urbaines de gaz à effet de serre (GES), majoritairement issues des activités humaines, constituent le moteur principal du changement climatique. Les villes sont donc des territoires clés pour l'atténuation climatique. L'évaluation des performances des politiques locales de réduction des émissions reposent principalement sur des inventaires dits ''bottom-up'', établis à partir de données d'activité et de facteurs d'émission. Leur capacité de suivi à court-terme peut être limitée par leurs incertitudes. Une méthode complémentaire permettant d'utiliser des mesures physiques dans le but de mieux comprendre les flux de surface et leurs variabilités est l'inversion atmosphérique. Cette thèse vise à évaluer la capacité des mesures de surface et de colonnes totales de GES en Île-de-France pour améliorer les inventaires urbains. Le premier chapitre présente le rôle des villes dans le changement climatique, les méthodes actuelles de quantification des émissions, ainsi que les apports et défis des inversions atmosphériques en milieu urbain. Le deuxième chapitre décrit huit années de mesures in situ de CO2, CH4 et CO dans le réseau de mesure d'Île-de-France. Les séries temporelles nous renseignent sur les variabilités à différentes échelles de temps: croissance conforme à celle mesurée dans des stations de fond, cycles saisonniers et variabilité liée à la météorologie. Les différences entre les concentrations en CO2 mesurées par les sites urbains et ruraux représentent une mesure directe du dôme urbain de CO2 qui a diminué de 28% sur la décennie écoulée. Ce signal et sa chute associée à la pandémie de COVID-19 (2020) sont cohérents avec la décroissance des émissions estimée par l'inventaire d'AirParif illustrant la sensibilité du réseau aux variations des émissions anthropiques. Le troisième chapitre présente le réseau d'instruments de télédétection donnant accès aux colonnes totales, composé depuis juillet 2022 de trois spectromètres solaires infra-rouges à transformée de Fourier (FTIR) : deux EM27/SUN (Saclay, Gonesse) et un IFS 125 HR (Jussieu). Un système automatisé de pilotage des mesures et une chaîne de traitement assurent une disponibilité (proportion des jours comportant des mesures valides dans un mois) saisonnière comprise entre 10-20% en hiver et 70-80% en été. Les incertitudes instrumentales ont été quantifiées : 0.2 ppm pour XCO2, 1.2 ppb pour XCH4 et 2 ppb pour XCO pour les EM27/SUN contre 0.7 ppm, 3.5 ppb et 4.1 ppb respectivement pour l'IFS 125 HR. Les effets liés au profil vertical des gaz d'intérêt, à l'angle solaire, à la pression ou aux profils a priori influent sur les colonnes totales calculées. Cependant, il s'agit là d'erreurs systématiques qui n'ont donc pas d'influence notable sur la mesure des gradients régionaux entre deux stations qui partagent les mêmes angles solaires et profils a priori. Le dernier chapitre analyse les gradients mesurés et simulés par le modèle WRF-Chem forcé par l'inventaire d'Origins.earth. Si le modèle reproduit un panache urbain moyen bien visible, celui-ci est moins intense (environ 0.5 ppm) mais mieux défini que dans les observations. La corrélation entre les gradients Saclay-Gonesse (dans les deux secteurs définis) mesurés et modélisés atteint 0.47 sur toute la période (maximum 0.70 en automne, minimum 0.28 en été), avec une pente d'ajustement de 0.66. La corrélation relativement faible entre modélisations et mesures, et la pente moyenne incohérente avec notre connaissance a priori indique que les mesures de colonnes totales ne permettent pas, en l'état, de contraindre les émissions urbaines dans un cadre d'inversion opérationnelle. Notons que la qualité des mesures n'est pas seule en cause. L'estimation du lien entre concentrations et émissions nécessite aussi une modélisation précise du transport atmosphérique. L'analyse d'un évènement particulier montre des différences notables entre le transport modélisé et celui qui peut être interprété à partir des observations.