Thèse soutenue

Étude des mécanismes biologiques associés à la réponse à la radiothérapie par mini-faisceaux de protons (pMBRT)

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Auteur / Autrice : Sarah Potiron
Direction : Gilles CréhangeYolanda PrezadoMarjorie Cachau-Juchaux
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physique et imagerie médicale
Date : Soutenance le 01/12/2025
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Electrical, optical, bio-physics and engineering
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Signalisation, radiobiologie et cancer (Orsay, Essonne ; 2010-....) - Laboratoire d'imagerie translationnelle en oncologie (Orsay, Essonne ; 2020-....)
Référent : Faculté des sciences d'Orsay
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Sciences de l'ingénierie et des systèmes (2020-....)
Jury : Président / Présidente : Jason Parsons
Examinateurs / Examinatrices : Brita Singers Sørensen, Siamak Haghdoost, Michele Mondini, Jean-Louis Habrand
Rapporteurs / Rapporteuses : Jason Parsons, Brita Singers Sørensen

Résumé

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Le cancer demeure l'une des principales causes de mortalité mondiale. S'il peut être traité par chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie (RT), certaines tumeurs, notamment cérébrales, restent difficiles à traiter en raison de leur localisation, de leur agressivité et de leur résistance aux traitements. Améliorer les thérapies anticancéreuses constitue donc un enjeu majeur pour la médecine. La RT utilise des rayonnements (tels que les rayons X) pour endommager l'ADN des cellules tumorales, stoppant alors leur prolifération et division. Elle peut toutefois endommager les tissus sains avoisinants, provoquant des effets secondaires, d'où l'essor d'approches innovantes comme la radiothérapie spatialement fractionnée (SFRT). Parmi elles, la radiothérapie par mini-faisceaux (MBRT) emploie de fins faisceaux parallèles, disposés en « code-barres », créant une alternance de zones recevant de fortes et faibles doses. L'objectif est d'éradiquer la tumeur tout en permettant aux tissus sains situés dans les zones de faible dose de se réparer. Les protons apportent un avantage physique en concentrant la dose dans la tumeur tout en limitant la dose à l'entrée des tissus (comme la peau). Les combiner à la MBRT, devenant alors la radiothérapie par mini-faisceaux de protons (pMBRT), associe ainsi la modulation spatiale des doses aux bénéfices dosimétriques des protons. Au cours de ma thèse de doctorat, j'ai évalué la pMBRT dans un modèle animal expérimental de glioblastome, l'une des tumeurs cérébrales les plus agressives. J'ai étudié des aspects biologiques clés, du contrôle tumoral au microenvironnement tumoral et aux échanges intercellulaires post-irradiation, en comparant ces effets à ceux de la protonthérapie conventionnelle utilisant une distribution de dose homogène. Mes travaux ont montré que la réponse à la pMBRT est moins dépendante de l'oxygène qu'une distribution homogène de la dose, un paramètre clé de l'efficacité de la RT, et qu'elle peut induire des réponses immunitaires plus robustes et durables contre la tumeur. J'ai également analysé la manière dont les cellules tumorales et cérébrales normales réagissent et communiques, notamment via de minuscules « messages » biologiques appelés vésicules extracellulaires. Ces résultats suggèrent que la modulation spatiale ne se limite pas à l'effet de destruction direct contre la tumeur mais modifie aussi la façon dont le microenvironnement tumoral, le système immunitaire et la vascularisation réagissent. Dans l'ensemble, ma thèse montre que la pMBRT apparaît comme une thérapie de nouvelle génération potentielle pour les tumeurs cérébrales, combinant une précision accrue dans le ciblage tumoral avec des effets biologiques uniques. Bien que des études complémentaires soient nécessaires avant de l'utiliser en pratique clinique courante, c'est une avancée prometteuse vers des traitements plus sûrs et plus efficaces.