Quantification de l'abondance du plancton marin à l'échelle génomique
| Auteur / Autrice : | Margaux Crédeville |
| Direction : | Olivier Jaillon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Écologie |
| Date : | Soutenance le 06/11/2025 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Structure et Dynamique des Systèmes Vivants |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Génomique métabolique (Evry, Essonne ; 2000-....) |
| Référent : Université d'Évry-Val-d'Essonne (1991-....) | |
| graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Life Sciences and Health (2020-….) | |
| Jury : | Président / Présidente : Daniel Richter |
| Examinateurs / Examinatrices : Lucie Zinger, Loïs Maignien, Meike Vogt | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Lucie Zinger, Loïs Maignien |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Le plancton est un acteur majeur des écosystèmes marins. Il joue un rôle essentiel dans les mécanismes biologiques, chimiques, géologiques et climatiques qui façonnent et régulent les océans et le système Terre plus globalement. La compréhension de l'écologie du plancton est nécessaire pour mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes et cycles biogéochimiques marins. En ce sens, la génomique environnementale permet l'étude du plancton à des niveaux biologiques variés : de la composition des communautés microbiennes jusqu'aux propriétés génomiques et fonctionnelles des espèces les composant. Les données metaomiques permettent d'aborder des questions sur l'évolution des espèces, la diversité taxonomique et fonctionnelle du plancton ainsi que les mécanismes d'adaptation et d'acclimatation des organismes. Cependant, les données metaomiques qui décrivent les communautés de plancton sont compositionnelles. Elles renseignent les abondances relatives de gènes ou génomes seulement dans un échantillon, sans refléter les variations réelles in situ d'abondance ou de biomasse d'organismes entre échantillons. Cette thèse examine la quantification de données metagénomiques associées aux échantillons de plancton marin des expéditions Tara. L'objectif est d'étudier si une approche metagénomique quantitative basée sur la masse d'ADN peut modifier les résultats sur la composition et la biogéographie des communautés de plancton obtenus jusqu'à présent par les données omiques compositionnelles. Dans le premier chapitre, j'ai estimé des concentrations d'ADN dans l'eau par fraction de taille de plancton à partir des volumes d'eau de mer filtrée et des masses d'ADN extrait des échantillons. Cette ressource permet de quantifier le plancton par classe de taille et de décrire la structure et la biogéographie des communautés échantillonnées par les expéditions Tara. Dans le deuxième chapitre, la concentration d'ADN dans l'eau sert de référence pour transformer les données metagénomiques compositionnelles en abondances « absolues » d'organismes planctoniques dans les échantillons marins. Appliquée aux génomes environnementaux (MAGs), la méthode fournit des estimations d'abondances cellulaires par litre d'eau. Ces analyses démontrent l'intérêt d'une approche quantitative intégrant l'information génomique et fonctionnelle portée à l'échelle du génome. Dans le cas des MAGs de Trichodesmium, cette approche montre la prédominance des espèces diazotrophes de Trichodesmium par rapport à celles non fixatrices d'azote à travers les stations Tara. A l'échelle d'un gène marqueur des organismes photosynthétiques (psbO), cette méthode permet d'étudier de façon quantitative la structure et la biogéographie de la communauté phytoplanctonique complète, intégrant les lignées eucaryotes et procaryotes sur l'ensemble de la gamme de taille du pico- au mésophytoplancton. Elle permet aussi d'en approximer la biomasse de carbone. Ainsi, le profil latitudinal d'abondance cellulaire et de biomasse de carbone de chaque lignée phototrophe eucaryote et procaryote est pour la première fois détaillé à la résolution d'un gène marqueur. Dans le chapitre trois, nous utilisons des méthodes de machine learning pour modéliser les biogéographies quantitatives de ces lignées phytoplanctoniques à partir de nos données metagénomiques quantifiées. Les prédictions d'abondance cellulaire à l'échelle globale s'accordent avec les structures biogéographiques connues du phytoplancton eucaryote et procaryote, décrites habituellement par la modélisation et les observations d'imagerie ou satellitaires. Cette thèse donne donc une nouvelle représentation quantitative et à la résolution génomique de la composition et de la biogéographie des communautés planctoniques marines. Ce travail participe aussi au rapprochement de la génomique environnementale pour l'étude du plancton vers la modélisation des écosystèmes et de la biogéochimie des océans.