Thèse soutenue

Coupler optique adaptative extrême et techniques de minimisation des tavelures en plan focal : application à l'instrument SPHERE+/VLT

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Auteur / Autrice : Charles Goulas
Direction : Raphaël Galicher
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Astronomie et astrophysique d'Ile de France
Date : Soutenance le 25/09/2025
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Astronomie et astrophysique d'Île-de-France (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d’instrumentation et de recherche en astrophysique (Meudon ; 2025-....)
Jury : Président / Présidente : Sonia Fornasier
Examinateurs / Examinatrices : Norbert Hubin, Arielle Bertrou-Cantou
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Pierre Véran, Julien Girard
DOI : 10.70675/62fab4bezfc50z4ecaz99bazaa960e3e4d6d

Résumé

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Détecter directement la lumière d'une exoplanète permet la caractérisation spectroscopique de son atmosphère ou de sa surface. Mais faire l'image d'une exoplanète est un défi instrumental pour deux raisons. La planète est très proche de son étoile hôte, à moins d'une seconde d'arc et l'étoile est beaucoup plus brillante que la planète, d'un facteur dix milles pour les planètes les plus lumineuses à dix milliards pour une exo-Terre. Les astronomes utilisent un coronographe, un composant optique bloquant la lumière de l'étoile mais laissant passer la lumière de la planète jusqu'au détecteur. Pour fonctionner optimalement, un coronographe requiert une surface d'onde incidente plane, autrement dit sans aberrations, ce qui n'est pas le cas des télescopes terrestres qui observent à travers la turbulence atmosphérique. C'est pourquoi les imageurs d'exoplanètes au sol sont équipés d'une optique adaptative (OA) en amont du coronographe dont le but est de corriger les aberrations introduites par l'atmosphère terrestre pour minimiser l'intensité stellaire résiduelle dans l'image coronographique. L'instrument SPHERE, installé au Very Large Telescope (VLT, Chili) depuis 2014, est un des imageurs d'exoplanète les plus performants aujourd'hui, détectant des planètes cent milles fois moins brillante que leur étoile à une distance de 300 milliarcsecondes. Son OA, appelé SAXO, est équipée d'un analyseur de surface d'onde (ASO) de type Shack-Hartmann et d'un miroir déformable, fonctionnant en boucle fermée à une fréquence maximale de 1.38 kHz. Pour pallier aux limitations actuelles (sensibilité de l'ASO et vitesse de la boucle), le projet d'upgrade de SAXO, appelé SAXO+, comprend une seconde boucle de correction en aval de la première boucle existante SAXO. Actuellement en phase de design, cette seconde boucle de SAXO+ est plus rapide, jusqu'à 3 kHz, et utilise un ASO de type pyramide en infrarouge proche. Une fois en boucle fermée, la performance de SAXO+ sera limitée par les aberrations différentielles entre la voie d'analyse de la pyramide et la voie coronographe. Dans l'image finale, ces aberrations se traduisent par des tavelures, des taches brillantes semblables au signal d'une planète, qu'on cherchera à corriger. Pendant ma thèse, j'ai effectuée des simulations numériques pour l'instrument SAXO+. J'ai utilisé l'outil de simulation end-to-end COMPASS, développé au LIRA, pour lequel j'ai implémenté un module permettant de calculer des images coronographiques. La 1ère partie de la thèse est consacrée au dimensionnement de la double boucle d'OA. J'ai lancé une campagne de simulations explorant les paramètres importants de SAXO+, définissant les paramètres optimaux comme ceux minimisant l'intensité stellaire résiduelle dans les images coronographiques. Je montre que SAXO+ améliore la performance du système d'un facteur 10 par rapport à SAXO. Pour différentes magnitudes et conditions atmosphériques je donne les fréquences optimales de chaque boucle et le gain optimal de la première boucle. Je quantifie aussi l'impact du rayon de modulation de la pyramide sur la performance de l'OA. Dans la deuxième partie de la thèse, j'explore deux méthodes de correction des tavelures. La première est une compensation de la phase des aberrations différentielles. La deuxième méthode est une troisième boucle de correction, mesurant le champ électrique statique dans les images coronographiques et rétroagissant sur la boucle d'OA pour minimiser l'intensité des tavelures. Dans chaque cas, il faut biaiser la mesure de la pyramide pour ajouter une phase statique dans la voie du coronographe. J'implémente alors une méthode de calibration des gains optiques de la pyramide pour quantifier ses non linéarités. Je montre que chacune des deux méthodes de suppression des tavelures améliore significativement la performance de SAXO+ et conclut sur l'intérêt ou non de l'utilisation des gains optiques selon les conditions atmosphériques.