Étude de l’isolation des photons et recherche de particules de type axion se désintégrant en paires de photons collimatés par machine learning avec le détecteur ATLAS au LHC
| Auteur / Autrice : | Romain van den Broucke |
| Direction : | José Ocariz |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s)Â :Â | Physique de l'univers |
| Date : | Soutenance le 25/09/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la terre et de l'environnement et physique de l'univers (Paris ; 2014-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Physique nucléaire et hautes énergies (Paris ; 1997-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Matteo Cacciari |
| Examinateurs / Examinatrices : Ana Rosario Cueto Gomez, Paulo César Farias | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Linda Finco, Jean-Baptiste de Vivie de Régie |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse propose une recherche de particules de type axion se désintégrant en paires de photons très collimatés, avec une sensibilité étendue, pour la première fois, à des masses inférieures à 10 GeV, dans le cadre de collisionneurs de protons. Elle s'accompagne d'une étude de l'isolation des photons. Ce travail s'inscrit dans le cadre de l'expérience ATLAS du Grand collisionneur de hadrons (LHC) au CERN, et s'appuie sur les données collectées entre 2015 et 2018 (Run 2), à une énergie au centre de masse de 13 TeV, ainsi que sur celles de la période 2022-2024 (Run 3), à une énergie de 13,6 TeV. La première partie de ce travail constitue une contribution aux travaux de performance de l'isolation des photons dans l'expérience ATLAS. Les photons produits directement lors des collisions hadroniques sont une sonde précieuse pour l'étude de la chromodynamique quantique. Il est primordial de les distinguer des sources de bruit de fond, provenant principalement des mésons légers produits dans les jets hadroniques. Pour cela, l'isolation calorimétrique applique une sélection basée sur les dépôts d'énergie mesurés autour du candidat photon dans le détecteur, les photons provenant de jets étant généralement entourés d'une activité hadronique significative. Cependant, l'énergie d'isolation calorimétrique des photons est imparfaitement modélisée dans les simulations, qui sont pourtant essentielles à la préparation des analyses et à la construction des modèles de signal et de bruit de fond. Pour y remédier, des corrections sont effectuées directement aux distributions d'énergie d'isolation dans les simulations, afin de les faire correspondre aux données expérimentales. Une nouvelle méthodologie est proposée pour corriger les simulations du Run 2, avec une précision supérieure à celle des approches précédentes. Ces corrections prennent notamment en compte l'énergie du photon, le chevauchement de collisions dans le détecteur (pile-up), la région du détecteur concernée, ainsi que le type de conversion, une fraction significative des photons se convertissant en paires électron-positon dans le détecteur. La deuxième partie de ce travail propose une recherche de nouvelle résonance dans le canal de désintégration en deux photons collimatés, atteignant des masses inférieures à 10 GeV et étendant ainsi la portée des analyses précédentes menées dans les collisionneurs de protons. Cependant, les outils standard d'identification des photons, basés sur la forme des gerbes électromagnétiques dans le détecteur, ainsi que les processus d'isolation, fondés sur les dépôts d'énergie environnants, ne sont pas adaptés à des photons très proches, dont les gerbes et l'activité énergétique se chevauchent dans le détecteur. Pour surmonter cette limitation, des outils d'apprentissage automatique (machine learning) ont été mis en oeuvre afin de développer de nouveaux critères d'identification et d'isolation, spécifiquement adaptés aux paires de photons très collimatées. Cette approche permet d'étendre le potentiel de recherche de résonances se désintégrant en paires de photons. Plusieurs architectures de réseaux de neurones ont été explorées : un perceptron multicouche (MLP), un réseau de neurones convolutif (CNN), un réseau de neurones à graphes (GNN) et un Set Transformer. Les performances de ces modèles sont exploitées pour évaluer la sensibilité à la découverte d'une nouvelle résonance et pour établir des limites supérieures attendues sur la section efficace multipliée par le rapport d'embranchement.Enfin, dans le contexte actuel du réchauffement climatique, la recherche joue un rôle non négligeable. Un état des lieux des émissions de gaz à effet de serre de la recherche française, ainsi que du CERN, est proposé. Le travail mené au sein du LPNHE, laboratoire d'accueil de cette thèse, visant à quantifier ses émissions carbone et à proposer des mesures pour les réduire, est également présenté.