Je souffre donc je suis : penser le spécisme systémique
| Auteur / Autrice : | Sarah Zanaz |
| Direction : | Cédric Sueur, Arturo Aguirre Moreno |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Ethique |
| Date : | Soutenance le 22/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Strasbourg |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale des Sciences de la vie et de la santé (Strasbourg ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (Strasbourg ; 2006-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Elise Huchard |
| Examinateurs / Examinatrices : Émilie Dardenne, François Jaquet, Angela Martin | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Elise Huchard, Angelo Giavatto |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Forgé par Richard Ryder en 1970 et popularisé par Peter Singer en 1975, le concept de spécisme est rarement appréhendé en termes politiques et systémiques. Les définitions les plus souvent citées mettent l’accent sur la dimension individuelle du phénomène spéciste, le décrivant comme un « préjugé ou une attitude de parti pris » (Singer), une « position » (Regan), un « point de vue » (Rachels), ou encore une « croyance » (Pluhar). Ces approches individualisantes, bien que nécessaires, ne sont pas suffisantes : elles négligent la manière dont le spécisme fonctionne réellement dans les sociétés contemporaines. Cette thèse vise à combler ces lacunes en proposant un nouveau cadre conceptuel : le spécisme systémique. En s’appuyant sur les données scientifiques les plus récentes concernant la conscience animale et la sentience, elle établit une base claire pour le statut moral des animaux, en abordant des questions cruciales relatives à leur bien-être et à la mauvaiseté de la mort pour eux. Reconnaitre les animaux comme des êtres sentients souligne non seulement leur importance morale, mais met également en évidence l’ampleur du tort impliqué dans leur exploitation. Cette étape est indispensable pour comprendre leur oppression comme un problème systémique. En conséquence, le spécisme systémique est défini et justifié comme un système d’oppression fondé sur l’appartenance d’espèce. Au-delà des préjugés individuels, il s’agit d’une oppression enracinée dans les systèmes culturels, politiques, juridiques et économiques.