Thèse soutenue

Étude de la structure électronique de complexes de métaux de transition en solution par Spectroscopies X

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Auteur / Autrice : Nour El Houda Azzouza
Direction : Loïc JournelDenis Céolin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Chimie Physique
Date : Soutenance le 26/09/2025
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Chimie physique et chimie analytique de Paris Centre (Paris ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de chimie physique-matière et rayonnement (Paris ; 1997-....)
Jury : Président / Présidente : Laurent Nahon
Examinateurs / Examinatrices : Antonella Iadecola
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Philippe Renault, Niloufar Shafizadeh

Mots clés

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Résumé

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Les complexes de métaux de transition en solution jouent un rôle central en chimie inorganique, bioinorganique et environnementale. Une compréhension fine de leur structure électronique est essentielle pour décrire leurs propriétés redox, magnétiques ou spectroscopiques. Ce travail de thèse s'appuie sur des spectroscopies X combinées à des calculs ab initio pour caractériser les états électroniques de complexes métalliques modèles en solution aqueuse, en particulier ceux du fer, du cobalt et du manganèse, et pour décrypter les mécanismes d'interaction métal-ligand à l'échelle orbitalaire. Cette étude porte sur l'analyse détaillée des complexes hexacyanoferrates(II) et (III) en solution. La spectroscopie photoélectronique réalisée aux seuils Fe 1s, 2p, C 1s et N 1s révèle des modifications spectrales marquées selon les deux états d'oxydation. Les spectres expérimentaux Fe 2p sont reproduits à l'aide de calculs d'interaction de configuration tenant compte des effets de relaxation et de couplage spin-orbite, et interprétés dans le cadre d'un modèle à deux niveaux quantifiant la covalence métal-ligand. Les spectres de valence et les niveaux 3d sont analysés à l'aide d'une modélisation d'orbitales moléculaires calculées en DFT. J'ai ensuite réalisé des mesures de spectroscopie d'émission X qui permet de sonder l'occupation des orbitales 3d et l'état de spin via l'analyse des raies Kβ, ainsi que la nature des orbitales de valence grâce aux transitions dites Valence-to-Core. Ces mesures, réalisées avec un microjet liquide sur la ligne de lumière GALAXIES (Synchrotron SOLEIL), sont analysées à l'aide de calculs de structure électronique basés sur la théorie de la DFT avec prise en compte des effets relativistes et du solvant. La deuxième partie du travail étend cette approche à une série de complexes isostructuraux : [Mn(III)(CN)₆]3⁻, [Fe(III)(CN)₆]3⁻ et [Co(III)(CN)₆]3⁻ afin de mettre en évidence l'effet du métal sur les spectres XPS aux seuils C 1s et N 1s. L'analyse comparative révèle une évolution significative des structures multiplets et satellites liées à la configuration dn et à l'état de spin. Par ailleurs, l'effet du ligand est exploré en comparant les spectres de [Fe(III)(CN)₆]3⁻ et [Fe(EDTA)], ainsi que ceux de [Co(III)(CN)₆]3⁻ et [Co(III)(NH3)₆]3+ mettant en lumière l'influence de la nature chimique du ligand (électronégativité, capacité de rétro-donation) et du champ du ligand pour différents ligands sur la forme spectral mesurée au seuil 2p du métal. Enfin, une étude XES du complexe [Co(III)(CN)₆]3⁻ complète cette exploration multi-technique, montrant une corrélation directe entre la structure des raies Kβ/VtC et les propriétés électroniques du centre métallique. Ce travail démontre la complémentarité de ces spectroscopies pour sonder la structure électronique des complexes métalliques en solution, et souligne l'apport crucial des calculs de chimie quantique pour interpréter les effets d'oxydation, de spin, de champ cristallin et de solvatation. Il établit une méthodologie robuste, transposable à des systèmes plus complexes d'intérêt catalytique, biochimique ou environnemental.