Collecter, classer et décrire les familles au prisme des statistiques : une lecture démographique des configurations familiales et de l'organisation des solidarités en Polynésie française
| Auteur / Autrice : | Leïla Fardeau |
| Direction : | Eva Lelièvre, Loïc Trabut |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Démographie |
| Date : | Soutenance le 07/01/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de Géographie de Paris. Espace, sociétés, aménagement (Paris ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de démographie (Paris ; 1957-....). Centre de recherche (198.-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Stéphanie Guyon |
| Examinateurs / Examinatrices : Eva Lelièvre, Loïc Trabut, Ernestina Coast, Natacha Gagné, Thomas Merly-Alpa | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Didier Breton, Cécile Lefèvre |
Mots clés
Résumé
Cette thèse propose une description systématique de l’organisation des familles en Polynésie française, au sein du ménage et au-delà. Celle-ci éclaire les pratiques d’entraide familiales et leur rôle structurant sur le territoire. Un premier axe fait l’état de l’art des manières dont les familles sont collectées dans les enquêtes statistiques. Il s’agit notamment d’interroger les potentialités et les limites des données de recensement pour la description des familles et en particulier la manière dont ceux-ci classent les structures familiales. Cette analyse montre la prédominance du modèle de la famille nucléaire dans ces typologies. L’une de ses conséquences est l’agrégation de tous les autres modes de cohabitation dans la catégorie hétérogène des ménages complexes, laquelle nécessite d’être précisée lorsqu’elle ne se réduit pas à une minorité des ménages. C’est le cas de la Polynésie française, où en 2017, on dénombre un quart de ménages complexes. Pourtant la catégorie n’est pas détaillée. La suite de cette thèse propose une méthodologie adaptable et reproductible pour en construire des sous-catégories. Pour ce faire, nous chercherons d’abord à mieux comprendre ces données, à partir d’une observation de terrain menée lors de la collecte du recensement en août 2022. L’examen des modes de classification permet aussi de dégager un certain nombre de critères déterminants dans l’élaboration des typologies de ménages. La deuxième partie met en application ces critères afin de constituer une typologie consolidée des ménages complexes polynésiens. Des méthodes de classification non supervisée nous permettent, d’explorer l’hétérogénéité de cette catégorie. Les résultats quantitatifs ont ensuite été complétés par une revue des modes de corésidence historiquement présents sur le territoire et des processus socio-historiques qui ont amené aux formes familiales actuellement observées. Tout cela permet de construire une typologie qui éclaire les configurations des familles corésidentes. Enfin, la dernière partie mobilise cette typologie ainsi que les résultats de l’enquête Feti’i e fenua (ISPF-Ined, 2020) pour montrer comment les familles organisent l’accès aux ressources sur le territoire. Elle complète les observations sur la corésidence, en tenant compte des membres qui vivent à proximité, ainsi que de la dispersion spatiale des familles polynésiennes, qui se répartissent bien souvent sur plusieurs archipels. Tout cela permet d’une part de mettre en lumière comment les familles, organisent l’accès aux ressources sur le territoire, à proximité comme à distance, et d’autre part en quoi ces modes d’organisation résultent des pratiques d’entraide intrafamiliales.