Thèse soutenue

Effet de l'expοsitiοn à un évenement traumatique sur la mémοire

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Auteur / Autrice : Lucie Da Costa Silva
Direction : Francis Eustache
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie
Date : Soutenance le 14/11/2025
Etablissement(s) : Normandie
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Homme, Sociétés, Risques, Territoire
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Neuropsychologie et Imagerie de la Mémoire Humaine (NIMH)
Établissement co-accrédité : Université de Caen Normandie
Jury : Président / Présidente : Bérengère Guillery-Girard
Examinateurs / Examinatrices : Francis Eustache, Bérengère Guillery-Girard, Fabrice Berna, Christine Bastin, Peggy Quinette, Valentina La Corte
Rapporteurs / Rapporteuses : Fabrice Berna, Christine Bastin

Résumé

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La présente thèse a pour objectif d’examiner les effets de l’exposition à un événement traumatique sur la mémoire, en articulant des modèles théoriques issus de la littérature scientifique avec des données empiriques recueillies dans trois études.La première étude, menée auprès de personnes exposées aux attentats du 13 novembre 2015, a mis en évidence deux profils distincts de symptomatologie post-traumatique. Ces profils modulent différemment la mémorisation d’informations à valence émotionnelle négative et donnent lieu à un biais mnésique dont l’expression varie selon le profil symptomatologique. Une mémorisation accrue des informations émotionnelles négatives, qui interfère avec la mémorisation des informations contextuelles présentées simultanément, est observée chez les personnes présentant une prédominance de symptômes d'hypervigilance. Une mémorisation réduite des informations émotionnelles négatives qui n'affecte pas la mémorisation des informations contextuelles est observée chez les personnes présentant une prédominance de symptômes dissociatifs. L’analyse longitudinale suggère que ces biais de mémoire tendent à s’atténuer progressivement à mesure que les symptômes d’hypervigilance et de dissociation se résolvent.La deuxième étude s’est attachée à analyser le fonctionnement non pathologique de la mémoire autobiographique, et plus précisément le processus par lequel un souvenir personnel peut acquérir une centralité identitaire. En comparant les adultes émergents et les adultes établis, il a été observé que la centralité identitaire des souvenirs autobiographiques est significativement plus marquée chez les adultes établis. Ces résultats suggèrent que les souvenirs ne deviennent pas immédiatement centraux pour l’identité au moment de leur encodage, mais acquièrent cette importance a posteriori, à travers des processus de raisonnement autobiographique qui se renforcent à durant l’âge adulte.Enfin, la troisième étude, conduite auprès de personnes exposées durant leur enfance ou leur adolescence à la Bataille de Normandie, a permis d’examiner les mécanismes d’attribution de sens et d’intégration d’un événement traumatique dans la mémoire autobiographique. Les résultats indiquent que lorsque les répercussions du traumatisme sont particulièrement sévères, les processus d’intégration en mémoire et d’attribution de sens apparaissent durablement fragilisés. Des facteurs de maintien, tant individuels (p. ex. des stratégies de coping inadaptées) que collectifs (p. ex. la mise sous silence de l’événement), semblent contribuer à ces difficultés d’intégration.Pris dans leur ensemble, les résultats de la présente thèse proposent une nouvelle conceptualisation des effets de l'exposition à un événement traumatique sur la mémoire et sur le développement des troubles de stress post-traumatique.