Incendies aux interfaces forêt-habitat : Étude de la vulnérabilités des menuiseries exposées à des feux de haies
| Auteur / Autrice : | Camille Luciani |
| Direction : | Virginie Tihay, Paul-Antoine Santoni |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Mécanique des fluides, Énergétique, Thermique, Combustion, Acoustique |
| Date : | Soutenance le 09/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Corte |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Université de Corse (1975-....). UMR CNRS 6134 ''Sciences pour l'Environnement'' (SPE) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Université de Corse (1975-....). UMR CNRS 6134 ''Sciences pour l'Environnement'' (SPE) |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Virginie Tihay, Paul-Antoine Santoni, Anthony Collin, Thomas Rogaume, Valérie Tschamber, Bruno Guillaume, Toussaint Barboni |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Anthony Collin, Thomas Rogaume |
Mots clés
Résumé
L’intensification des incendies de forêt à l’échelle mondiale, illustrée lors de la saison estivale 2025 par plus d’un million d’hectares ravagés dans l’Union européenne, met en évidence l’urgence de renforcer la protection des habitations situées en interface forêt-habitat. Ces zones, où la proximité entre végétation et constructions augmente à la fois la probabilité de départ de feu et les risques directs pour les biens et les personnes, concentrent des enjeux majeurs de vulnérabilité. Cette thèse s’attache à la compréhension scientifique de deux points critiques : la caractérisation de la combustion des haies ornementales rencontrées dans les régions méditerranéennes et l’évaluation de la vulnérabilité des menuiseries exposées aux sollicitations thermiques engendrées par les feux de haie. L’objectif est de produire des données expérimentales afin d’améliorer les stratégies de prévention et d’adapter les réglementations existantes.La première partie a porté sur la caractérisation du comportement au feu de six espèces végétales ornementales présentes dans le bassin méditerranéen : ciste de Montpellier, laurier rose, photinia, cyprès vert, troène du Japon et bambou. Trois échelles expérimentales ont été mobilisées (thermogravimétrie, cône calorimètre, grand calorimètre), montrant que seule l’expérimentation à l’échelle de la haie restitue fidèlement le comportement à la pleine échelle. La proportion de petites particules et la masse volumique se sont révélées déterminantes pour la combustibilité. Le classement établi a montré la très forte combustibilité du cyprès vert et du ciste de Montpellier. L’influence de la teneur en eau a également été mise en évidence, avec deux seuils identifiés pour le ciste (85 % pour l’inflammation, 55 % pour la propagation au houppier), résultats qui semblent transposables à d’autres espèces. Les simulations numériques réalisées avec WFDS et FDS ont permis de reproduire le seuil d’allumage identifier au laboratoire avec précision mais pas celui de propagation, montrant la nécessité d’améliorer la modélisation de la déshydratation des végétaux.La deuxième partie a porté sur l’évaluation de la vulnérabilité des menuiseries, à travers des essais sur des échantillons de volets (bois, PVC) avec le cône calorimètre et sur des fenêtres double vitrage avec différents matériaux d’encadrement soumises à un panneau radiant. Les expériences sur les volets ont montré qu’un indicateur, le Flux Time Product (FTP) permet de prédire leur allumage. Concernant les fenêtres, une corrélation claire a été mise en évidence entre le coefficient de transmission thermique Uw de la fenêtre et la vulnérabilité à la cassure de son vitrage exposé : les vitrages des fenêtres en aluminium, plus conductrices, cassent plus rapidement, contrairement à ceux dans des cadres en bois ou en PVC.La troisième partie présente les expériences réalisées à la pleine échelle sur la plateforme EXPLORII, impliquant la combustion de différentes haies à proximité de menuiseries instrumentées. Ces tests ont confirmé la pertinence des résultats de la classification des espèces selon leur combustibilité, établie en laboratoire, et l’utilisation des seuils de vulnérabilité définis pour les matériaux. Il a été montré que les distances réglementaires actuelles restent insuffisantes pour assurer une protection efficace des habitations. Les données recueillies conduisent à recommander une distance minimale de 5,5 m entre les haies et les façades, l’emploi systématique de volets, en aluminium de préférence dans les zones à risque, et le recours systématique au double vitrage avec préférentiellement des cadres en bois ou en PVC.