Cartographier les controverses sur l'Anthropocène au prisme du Web anglophone (2000-2024) : contributions aux études sur les rapports entre science, technologie, et société (STS).
| Auteur / Autrice : | Fabien Colombo |
| Direction : | Franck Cormerais, Pierre-Antoine Chardel |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'information et de la communication |
| Date : | Soutenance le 28/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Médiation, Information, Communication, Art (Pessac, Gironde) |
| Jury : | Président / Présidente : Elizabeth Gardère |
| Examinateurs / Examinatrices : Céline Pascual Espuny, Éric Guichard, Catherine Larrère | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Nathanaël Wallenhorst, Bernard Reber |
Mots clés
Résumé
Depuis le début des années 2000, le concept d’Anthropocène comme nouvelle époque géologique dominée par les activités humaines suscite de plus en plus de débats dans les sphères académiques, et au-delà, notamment en ligne. Dans quel contexte cette notion est-elle apparue ? Qui sont les personnes à y faire appel ? Sur quels points les débats portent-ils ? Et en quoi le Web nous permettrait-il d’y voir plus clair à ce sujet ?Cette thèse propose une cartographie des controverses sur l’Anthropocène au prisme du Web anglophone, pour la période allant de 2000 à 2024. Plus précisément, elle se concentre sur les controverses en ligne qui entourent le projet de reconnaissance officielle de l’Anthropocène au sein de l’échelle des temps géologiques, mené par l’Anthropocene Working Group (AWG). Du point de vue théorique et méthodologique, elle s’appuie sur les principes de la cartographie des controverses de Bruno Latour comme une étude à la fois qualitative et quantitative sur un sujet complexe, mais aussi sur des technologies d’exploration du Web inédites qui ont été développées dans le cadre de l’axe « études digitales » de l’Université Bordeaux Montaigne (UR 4426 MICA, E3D).L’ambition centrale de cette thèse est de déterminer dans quelle mesure les controverses sur l’Anthropocène dessinent, ou non, de nouveaux rapports entre les sciences naturelles et sociales, à l’aune des traces en ligne à ce sujet. Pour ce faire, elle se déploie en cinq parties. La première établit la nécessité d’un dialogue interdisciplinaire combinant l’étude des sciences, l’analyse du Web, et les questions d’écologie, pour cartographier ces controverses. La deuxième retrace l’évolution des définitions de l’Anthropocène, entre 2000 et 2009, à partir de la bibliographie en ligne de l’AWG. La troisième partie propose d’utiliser une combinaison de méthodes numériques inédites, pour identifier les principaux débats dans la littérature scientifique et sur le Web à ce sujet. La quatrième propose d’analyser les débats en ligne autour de l’AWG entre 2009 et 2024, comme une tentative de redistribution des rapports entre les sciences naturelles et sociales, dont les effets continuent à se faire sentir aujourd’hui. La dernière partie établit les principaux résultats et prolongements possibles de cette recherche. En un mot, la thèse entend contribuer aux études sur les rapports entre science, technologie et société (STS), dans ce nouveau contexte planétaire