L'investissement des enseignants du second degré dans l'éducation aux médias et à l'information : une pratique discrète au cœur de l'identité professionnelle
| Auteur / Autrice : | Florence Michaux-Colin |
| Direction : | Éric Bruillard |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation et de la formation |
| Date : | Soutenance le 09/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Savoirs, sciences, éducation (Paris ; 2019-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Éducation Discours Apprentissages (Paris ; 2006-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Béatrice Drot-Delange |
| Examinateurs / Examinatrices : Isabelle Dumez Féroc | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre Périer, Laurent Petit | |
| DOI : | 10.70675/c4676139z47a1z446cz9f46z2a1b0e1e2c58 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse interroge les motivations des enseignants du second degré du système éducatif français à s'engager dans l'éducation aux médias et à l'information (EMI). Cette éducation est une éducation transversale prenant en charge une problématique sociale et visant un changement de comportements chez les élèves à travers une démarche active (Barthes et Alpe, 2018). L'Education nationale a fait le choix de ne pas rattacher cette éducation à une discipline scolaire spécifique, ce qui rend diffuse la responsabilité de sa pratique. Les enseignants s'engageant dans l'EMI adoptent une démarche volontaire et individuelle. Pour mieux comprendre la signification pour les acteurs de cet engagement, nous avons privilégié une approche compréhensive basée sur des entretiens semi directifs, auprès d'enseignants de différentes disciplines, s'engageant ou non dans l'EMI. L'analyse des entretiens confirme l'importance fondamentale donnée à l'EMI comme éducation aux médias d'information (Tilleul et Fastrez, 2022). Cette analyse fournit une première catégorisation des motivations des acteurs engagés rencontrés : faire évoluer les usages informationnels des élèves, mettre en oeuvre une expertise professionnelle, endosser conjointement des fonctions de transmission et d'éducation. Peu définie ni explicitée, restant même invisible à certains, l'EMI est majoritairement appréhendée par ses acteurs dans l'action. La réussite du projet, la satisfaction des élèves, le sentiment de les avoir fait progresser dans leurs apprentissages ou leurs usages sont des moteurs pour continuer à s'engager, et valident la pertinence des choix pédagogiques et didactiques de l'enseignant, la valeur sociale de son enseignement. Cet engagement leur permet d'investir des valeurs ou des convictions personnelles dans leur cadre professionnel, d'accorder leurs représentations à leur exercice du métier. Les enseignants qui se définissent comme ne faisant pas d'EMI ne connaissent pas, pour la plupart, la déclinaison de l'acronyme. Certains pratiquent sans le savoir. D'autres n'éprouvent pas le besoin de s'y investir car les usages informationnels de leurs élèves sont ressentis comme suffisants, ou allèguent un manque de temps ou de légitimité.