Pompage de spin pur dans des hétérostructures de van der Waals 2D
| Auteur / Autrice : | Karen Sobnath |
| Direction : | François Mallet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Physique |
| Date : | Soutenance le 18/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Physique en Île-de-France (Paris ; 2014-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Matériaux et phénomènes quantiques (Paris ; 2005-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Odile Stéphan |
| Examinateurs / Examinatrices : Laurent Vila | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Alexandra Mougin, Juan Francisco Sierra García |
Mots clés
Résumé
La spintronique dans les hétérostructures de van der Waals [1] est un domaine de recherche en plein essor offrant des perspectives technologiques vers une électronique post-CMOS ultra-compacte et basse consommation. Les matériaux bidimensionnels (2D) présentent des propriétés essentielles à la spintronique comme une excellente longueur de diffusion de spin [2], un fort couplage spin orbite ou encore le blocage spin-moment [3] qui les placent au coeur des avancées récentes. Plus encore, empilés entre eux, ces hétérostructures peuvent exhiber par effet de proximité des propriétés uniques et même de nouvelles phases de la matière [4]. Les courants de spin jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des dispositifs de spintronique comme les valves de spin basé sur la GMR ou les STT-MRAM, justifiant une activité de recherche intense. Il en résulte 3 concepts clés à maîtriser pour espérer contrôler et exploiter les courants de spin : l'injection, la propagation et la détection. Malgré leur potentiel, l'utilisation des matériaux 2D pour réaliser de tels dispositifs restent limitées par les difficultés de fabrication. Durant ma thèse, j'ai conçu un dispositif unique permettant l'injection d'un courant de spin pur via la méthode de pompage de spin à la résonance ferromagnétique (FMR) et la détection de ce courant par un mécanisme de conversion spin-charge [5]. J'ai travaillé à partir d'un système typique de la spintronique : l'interface FM/NM où le matériau ferromagnétique (FM) est le Cobalt (Co) et le matériau non magnétique (NM) est un matériau de van der Waals bi-dimensionnel i.e. le hBN, le graphène ou le WSe2. J'ai imaginé, simulé puis fabriqué un dispositif intégralement sur puce, adapté aux matériaux 2D qui sont obtenus par exfoliation mécanique et en conséquence limitent la dimension des films de Co au plus à quelques centaines de micromètres carrés. J'ai monté un dispositif expérimental pour réaliser des mesures de FMR large bande (4 à 14 GHz) par une détection synchrone, avec une modulation du champ magnétique, permettant de détecter de faibles volumes magnétiques à température ambiante. J'ai investigué les phénomènes de relaxation de l'aimantation du Co à l'interface avec 3 différents matériaux 2D, quantifiés par le terme d'amortissement de Gilbert extrait de l'ajustement des spectres de FMR. Comme il a été déjà mis en lumière dans la littérature [6] et également par mes résultats expérimentaux, l'augmentation de l'amortissement de l'aimantation ne suffit pas à détecter et quantifier le pompage de spin car il englobe toutes les sources de relaxation magnétiques de mon système. Par ailleurs, en réalisant une étude de la FMR en fonction de l'épaisseur de Co, j'ai pu démontrer la forte contribution de l'effet à deux magnons (TMS) [7] dans l'amortissement de l'aimantation du Co à l'interface avec le hBN ainsi que le graphène. Au contraire, j'ai observé une diminution considérable du terme TMS lorsque le Co est à l'interface avec le WSe2 réduisant la valeur de sa constante d'amortissement de Gilbert à 0.007. Je montre que cela est lié à la réduction de l'anisotropie perpendiculaire de surface du Co. Enfin, j'ai réalisé une détection directe du courant de spin injecté par pompage de spin dans le graphène ou le WSe2 par un mécanisme de conversion spin-charge, mesuré par l'intermédiaire d'un matériau à fort couplage spin orbite tel que le Palladium (Pd) pour l'échantillon de graphène ou directement dans le WSe2. [1] A. K. Geim et I. V. Grigorieva, Nature, vol. 499, p. 419-425 (2013) [2] B. Dlubak et al., Nature Physics, vol. 8, p. 557-561 (2012) [3] S. Manzeli et al., Nature Reviews Materials, vol. 2 (2017) [4] H. Yang et al., Nature Materials (2024) [5] D. Indolese et al., Physical Review Applied, vol. 10, p.044053 (2018) [6] L. Zhu et al., Physical Review Letters, vol. 123, p. 057203 (2019) [7] S. Yoshii et al., Physical Review B, vol. 106, p. 174414 (2022)