Surfaces K3 dans les espaces projectifs à poids, contractions de Mori de longueur sous-maximale
| Auteur / Autrice : | Bruno Dewer |
| Direction : | Thomas Dedieu, Andreas Höring |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Mathématiques et Applications |
| Date : | Soutenance le 13/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université de Toulouse (2023-2025) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Mathématiques, informatique et télécommunications (Toulouse) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de mathématiques de Toulouse (2007-....) |
| Etablissement de délivrance conjointe : Université Toulouse 3 Paul Sabatier (1969-2024) | |
| Jury : | Président / Présidente : Michele Bolognesi |
| Examinateurs / Examinatrices : Laurent Manivel, Enrica Floris | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Dimitri Markouchevitch | |
| DOI : | 10.70675/ae651607z899cz4593zad30z9dd4ee76eb7f |
Mots clés
Résumé
Cette thèse s'articule en deux parties. La première est consacrée à la notion d'extensibilité des variétés projectives, dont la définition est la suivante : une variété projective non-dégénérée, c'est à dire non contenue dans un hyperplan de son espace projectif ambiant, est extensible si elle peut être obtenue par sections hyperplanes d'une variété projective de dimension plus grande qui n'est pas un cône. C'est en général une question difficile lorsque la variété de départ n'est pas intersection complète. L'extensibilité est un sujet d'intérêt pour beaucoup de géomètres algébristes depuis le début du vingtième siècle. Par exemple, Gaetano Scorza et Alessandro Terracini ont montré respectivement en 1910 et en 1913 que ni les variétés de Veronese de dimension 2 ou plus, ni les variétés de Segre de dimension 3 ou plus ne sont extensibles. Le cas particulier des courbes canoniques fut étudié en détail plus récemment. C'est un fait standard que toute surface projective à singularités canoniques qui est extension de courbes canoniques est une surface K3. Réciproquement, toute section hyperplane lisse de surface K3 est une courbe canonique. Le lien entre l'application de Gauß-Wahl d'une courbe caninique et son extensibilité est au centre de plusieurs travaux, dont ceux de Ciro Ciliberto, Joe Harris et Rick Miranda dans les années 80, mais aussi de plus récents, comme ceux de Ciro Ciliberto, Thomas Dedieu et Edoardo Sernesi. Dans un article paru en 2023, Thomas Dedieu et Edoardo Sernesi se sont intéressés à la liste des 14 espaces projectifs à poids de dimension 3 qui admettent des modèles projectifs dans lesquels ils sont extensions de courbes canoniques. Pour chacun d'entre eux, la dimension maximale de ses extensions était alors connue, mais il restait à donner une construction explicite d'extensions maximales pour 5 cas. C'est à cela qu'est consacré le premier chapitre de cette thèse, ainsi qu'à une caractérisation géométrique des courbes primitives contenues dans les sections hyperplanes de ces espaces projectifs à poids. Nous consacrons également une section à la classification des espaces projectifs à poids de dimension 4 ou plus qui sont susceptibles d'admettre des modèles projectifs extensions de courbes canoniques. Le deuxième chapitre de cette thèse est voué à l'étude des contractions de Mori de longueur sous-maximale. Étant donné une variété lisse contenant des courbes projectives sur lesquelles le diviseur canonique est de degré négatif, la théorie développée par Yujiro Kawamata, János Kollár, Shigefumi Mori et Vyacheslav Shokurov dans les années 80 donne l'existence de morphismes, appelés contractions de Mori élémentaires, qui contractent certaines de ces courbes. Ces morphismes sont les étapes élémentaires du programme de Mori, lequel vise à trouver un représentant birationnel de la variété fixée au départ qui contienne le moins de courbes projectives possibles sur lesquelles le diviseur canonique ait un degré négatif. La longueur d'une contraction de Mori élémentaire est une grandeur numérique qui obéit à une inégalité prouvée par Paltin Ionescu et Jaroslaw Wiśniewski, respectivement en 1989 et 1991. Cette inégalité fait intervenir la dimension de la variété de départ, celle du lieu exceptionnel et celle de la fibre générale contenue dans le lieu exceptionnel. Andreas Höring et Carla Novelli ont prouvé dans un article de 2013 que le lieu exceptionnel d'une contraction de Mori élémentaire de longueur maximale, c'est à dire pour laquelle la borne de la longueur est atteinte, admet une structure de fibré projectif à modification birationnelle près. Les résultats centraux de notre chapitre 2 exhibent une structure de fibré en quadriques, ou bien celle d'un fibré projectif, comme modèle birationnel du lieu exceptionnel d'une contraction de Mori élémentaire de longueur sous-maximale.