Thèse soutenue

Prise en compte de l'incertain dans le dimensionnement des ouvrages de génie civil, conciliant sécurité et économie

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Auteur / Autrice : Jean-Bernard Kovarik
Direction : Laurent GautronPhilippe Reiffsteck
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Génie Civil
Date : Soutenance le 09/01/2024
Etablissement(s) : Paris Est
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences, Ingénierie et Environnement (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2010-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Sols, Roches et Ouvrages géotechniques - Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, , de l'Aménagement et des réseaux. Laboratoire Sols, Roches et Ouvrages géotechniques
Jury : Président / Présidente : Xavier Chateau
Examinateurs / Examinatrices : Laurent Gautron, Philippe Reiffsteck, Jean-Michel Hiver, Anne Pantet, Catherine Jacquard, Lydie Pham
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Michel Hiver, Anne Pantet, Catherine Jacquard

Résumé

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Le fil conducteur de mes travaux est le développement des formats de sécurité aptes à prendre en compte l’incertain, en ce qui concerne plus particulièrement les actions, les propriétés des matériaux et le comportement des structures, afin de dimensionner en bonne sécurité les ouvrages de génie civil tout en respectant l’équilibre économique du secteur de la construction. Le format semi-probabiliste aux états-limites des Eurocodes est la base de départ. J’explique comment depuis un quart de siècle, adossé à une communauté scientifique internationale, je cherche à l’adapter et à l’appliquer à divers types d’ouvrages en site aquatique (quais, barrages, digues…) et aux actions qu’ils subissent spécifiquement (houle et actions du milieu marin, efforts dus aux navires, charges d’exploitation portuaire). Je situe ce format semi-probabiliste à côté des autres méthodes (probabilistes, déterministes, socio-économiques), et j’expose les différentes natures de coefficients de sécurité qui en sont issues. Je replace le format des Eurocodes dans le cadre plus large des analyses de risques : ceci lui donne un sens assez original et manifeste une puissante efficacité pédagogique. La discussion sur la notion de risque admissible et les différentes approches par lesquelles se construit le consensus autour de celui-ci est croisée avec une présentation plus détaillée des méthodes de calage des coefficients partiels que j’ai mises au point et appliquées pour les quais, les barrages et les digues, toujours en recherchant un rapport équilibré entre sécurité et économie. Je relate à ce propos comment mon regard sur la prise en compte de l’incertain a été renouvelé par une réflexion collective sur les risques et incertitudes dans l’analyse économique coûts-avantages des projets publics d’investissement. Ma participation à l’enseignement, à l’animation scientifique, à l’effort de normalisation, illustre, prolonge et valorise ces travaux académiques. En particulier, j’expose les travaux qui ont permis de bâtir une méthode issue de la théorie statistique pour la détermination des valeurs caractéristiques des propriétés des sols et ceux qui ont complété une lacune dans la connaissance du comportement mécanique des gabions de palplanches. Je relate comment en utilisant les souplesses du format européen ont été définis les états-limites des ouvrages soumis aux actions hydrauliques (digues, barrages). Je rends compte du travail collaboratif que j’ai dirigé pour déterminer les coefficients de sécurité des quais et des barrages mobiles en rivière compatibles avec le format des Eurocodes ; et en particulier comment plusieurs coefficients de modèle (sur les actions et sur les résistances) ont été calés de manière à ce que les dimensionnements qui en résultent restent proches des dimensionnements antérieurs donnant satisfaction, tout en standardisant et homogénéisant les approches de calcul. J’indique également comment l’on a utilisé le concept mathématique puissant de période de retour pour définir directement la valeur de calcul de l’action de la houle sans passer par l’application d’un coefficient partiel à la valeur caractéristique. Des perspectives d’évolution consistent essentiellement à adapter les outils de prise en compte de l’incertain pour prendre en compte le dérèglement climatique. La non-stationnarité des lois de probabilité décrivant les phénomènes naturels ne peut plus être négligée. La prise en compte de l’incertain dans le génie civil va conduire à aborder d’autres formes d’incertitudes plus radicales, peu ou pas probabilisables, sur l’environnement et les fonctions des ouvrages de génie civil. Dès lors l’exigence de robustesse des Eurocodes devrait être complétée par une nouvelle exigence, plus vaste, de résilience