A l’écoute des discours locaux sur « ukuhlonipha » et « isihlonipho » en Afrique du Sud. Penser les pratiques de respect dans une perspective décoloniale
| Auteur / Autrice : | Hermelind Le Doeuff |
| Direction : | Cécile Leguy, Isabelle Léglise |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du langage |
| Date : | Soutenance le 25/11/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences du langage (Paris ; 2019-2025) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire des langues et civilisations à tradition orale (Villejuif, Val-de-Marne ; 1969-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Alexandre Duchêne |
| Examinateurs / Examinatrices : Cécile Leguy, Isabelle Léglise, Alexandre Duchêne, Caroline Kerfoot, Valérie Spaëth, Thabo Msibi | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Alexandre Duchêne, Caroline Kerfoot |
Mots clés
Résumé
Cette thèse vise à rétablir historiquement et épistémologiquement le concept du « ukuhlonipha » (signifiant respecter en xhosa et zoulou) en s’appuyant sur une épistémologie des Suds. Alors que les pratiques associées au terme « ukuhlonipha » ont été longtemps décrites par une littérature scientifique externe au contexte sud-africain, et de façon stéréotypique comme des pratiques langagières de femmes mariées, cette thèse propose d’historiciser ce concept en se concentrant sur des discours émiques. A la suite d’une enquête croisant recherche historique d’archives en langues nguni, entretiens en contexte urbain et rural xhosaphone, et analyse de discours numériques sur une plateforme de microblogging, cette thèse interroge les réalités sociales auxquelles renvoie le concept du « ukuhlonipha » (et son champ lexical associé). On constate alors que le processus d’invention d’un « hlonipha » linguistique et féminin dans la littérature scientifique a résulté de l’effacement d’un ensemble d’actrices et d’acteurs sociaux des pratiques de respect. En faisant le choix d’une approche discursive des expériences locales, cette thèse montre que les désignations « ukuhlonipha » ou « isihlonipho »/« izihlonipho » renvoient à des comportements de respect dotés d’une part langagière et d’une part non-langagière, et qu’ils s’expriment principalement selon des rapports de parenté mêlés à des rapports sociaux de genre, mais aussi plus généralement selon des rapports sociaux d’âge et de classe. En mêlant une approche historique et contemporaine des discours émiques sur le « ukuhlonipha », cette thèse adopte une perspective décoloniale et propose ainsi de resituer ce concept dans les théories du Global South.