Le rôle du statut politique et des institutions dans le développement des Petites Economies Insulaires
| Auteur / Autrice : | Nicolas Lucic |
| Direction : | Jean-François Hoarau, Vincent Geronimi |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences économiques |
| Date : | Soutenance le 16/12/2024 |
| Etablissement(s) : | La Réunion |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences humaines et sociales (Saint-Denis, La Réunion ; 2010-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'économie et de management de l'océan Indien (Saint-Denis, Réunion) - Centre d’Économie et de Management de l'Océan Indien |
| Jury : | Président / Présidente : Cécile Couharde |
| Examinateurs / Examinatrices : Cécile Couharde, Michaël Goujon, Michel Dimou, Christophe Depoortère | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Michaël Goujon, Michel Dimou |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse de doctorat vise à répondre à la question de l’origine de la différence de développement entre Petites Economies Insulaires (PEI) restées affiliées à une métropole et celles devenues indépendantes. L’enjeu est de comprendre si l’indépendance politique des PEI est à l’origine de leur sous-développement. L’approche sera donc comparatiste à l’échelle mondiale. Dans le premier chapitre, nous proposons l’idée novatrice de l’utilisation des importations par tête historiques comme indications des trajectoires de développement historiques des îles. A cet effet, nous construisons une base de données collectant les données de commerce extérieur de 80 PEI entre 1900 et 2021 et de PIB pour 86 territoires entre 1960 et 2021. En première analyse, il semble que la période de divergence remonte à la période précédent les indépendances, probablement pendant les années 1930. Dans le second chapitre, nous étudions les évolutions comparées des importations par tête et du PIB par tête pour la période 1970-2019. L’objectif est de vérifier si les importations par tête peuvent être un proxy historique acceptable du PIB par tête. Nous employons la méthode de la causalité au sens de Granger pour montrer la causalité bidirectionnelle de ces variables. Nous vérifions nos résultats avec la méthode P-ARDL et montrons, qu’en contexte insulaire, les importations par tête sont une bonne manière d’approximer les revenus par tête historiques des populations insulaires. Nous nous intéressons, dans le troisième chapitre, aux trajectoires comparées d’importations historiques. Nous déployons un outil novateur, les mélanges de distribution, pour dégager des régimes historiques de niveau d’importations par tête. Nous montrons qu’un régime continu existe entre les années 1940 et aujourd’hui, nous indiquant qu’il n’y a pas de ruptures structurelles introduites par les indépendances. Ces dernières ne semblent donc pas avoir causé les performances inférieures des PEI indépendantes. Enfin, dans le dernier chapitre, nous dépassons la binarité affiliation/indépendance afin d’étudier les performances particulières des dépendances autonomes. Nous montrons qu’elles ont de meilleurs résultats que les PEI pleinement affiliées et les PEI indépendantes. De même, en introduisant un grand nombre de variables de contrôle, le degré de souveraineté reste un facteur explicatif des différences de développement. Nous montrons que si les indépendances ne sont pas à l’origine des divergences historiques, le statut de dépendance autonome semble conférer un avantage de performances important.