Thèse soutenue

La conception du logement à l’expérience des sonorités – COLEXSON : Un prototype construit pour expérimenter à échelle 1 les ambiances sonores de demain depuis un logement ventilé naturellement.

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Auteur / Autrice : Charlotte Laffont
Direction : Olivier BalaÿSamuel Tochon-Danguy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Architecture
Date : Soutenance le 18/06/2024
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble ; 2001-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur l'espace sonore et l'environnement urbain (Grenoble, Isère, France ; 1979-1998)
Jury : Président / Présidente : Nicolas Tixier
Examinateurs / Examinatrices : Paolo Amaldi, Guillaume Faburel
Rapporteurs / Rapporteuses : Emmanuel Gourdon, Philippe Dufieux

Résumé

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Dans les théories et pratiques architecturales et urbaines, dans les réglementations et les labels de la construction, le son est abordé principalement comme une source de bruit, de nuisance contre lequel il faut isoler le logement. Malgré cela, les constats répétés de manque de qualité sonore des lieux de vie révèlent l’insuffisance de cette approche et la nécessité d’aborder la conception sonore par des outils complémentaires.Comment introduire l’écoute dans la conception des logements collectifs afin qu’ils répondent aux enjeux de la ville de demain et participent à une bonne qualité de vie ? Les espaces intermédiaires, situés entre les écoutes de la sphère privée et celles de la dimension publique, jouent-ils un grand rôle dans les perceptions quotidiennes ? Que peut-on retenir du vécu sonore des usager.ère.s dans les formes architecturales construites qui pourrait intéresser la future écoute de la ville ?Pour y répondre, nous allons nous intéresser aux écoutes de trois catégories d’espaces intermédiaires dans des formes architecturales historiques et contemporaines : les espaces de transition (hall, cour intérieure, etc.), les espaces extérieurs aux abords des logements (terrasse partagée, toiture, balcon, etc.) et l’enveloppe bâtie (double peau, fenêtre).Pour imaginer les écoutes de la ville et du logement avec l’urbanité post-carbone nous allons nous intéresser aux sons des sociabilités, ceux du paysage naturel, aux sons technologiques et à ceux des mobilités. Dans la prospective d’une ville aux nombreux aléas climatiques, nous imaginons une diversité d’usages et de cultures, des programmations mixtes, des mobilités douces (moteurs hybrides et électriques notamment), des proximités et des voisinages apportés par la densité. Les épisodes caniculaires annoncés nécessitent dès à présent de penser à des moyens de rafraîchir les logements. Comment va-t-on pouvoir vivre dans la densité avec les sons du dehors ? Comment rafraîchir un logement par une ventilation naturelle tout en apportant une modulation de l’écoute ?Cette thèse, réalisée dans le cadre d’un contrat A.N.R.T.-C.I.F.R.E. au sein du B.E.T. LASA, est rattachée au laboratoire A.A.U.-CRESSON et à la chaire de recherche « Habitat du futur ». Nous sommes convaincus de l’importance de l’expérimentation pour répondre à l’ensemble de ces questions et intégrer l’écoute dans la pratique de l’architecture. C’est pourquoi nous testerons des outils concrets et appréhensibles par les acteur.ice.s d’un projet. Une analyse d’un projet à Villeurbanne (69), le macro-lot B, sera réalisée dès les premières phases de conception pour anticiper ses ambiances sonores et les modulations d’écoute qu’il pourrait apporter. La conception d’un prototype à échelle 1:1 d’ECHAfaudage SONore – ECHASON – visera à expérimenter ses futures ambiances depuis un logement ventilé naturellement et depuis ses espaces intermédiaires. N’ayant pas pu être réalisé dans sa taille maximale, ce seront finalement deux prototypes de dispositifs de ventilation naturelle intégrant un filtrage sonore qui ont été construits et expérimentés avec des acteur.ice.s du projet. Plusieurs bandes sonores anticipant des espaces intermédiaires du macro-lot B ont pu être expérimentées avec des futur.e.s habitant.e.s de ce projet. Les résultats obtenus ont permis d’aboutir à l’ébauche de trois cahiers des charges pour intégrer la dimension sonore dans les futurs concours d’architecture et d’urbanisme. La qualité de l’environnement sonore doit être intégrée à la conception des logements au même titre que les préoccupations sur l’ensoleillement, la qualité de l’air ou encore le confort d’été. Cela représente un enjeu social, économique et sanitaire. C’est en cela que ce travail défend l’idée d’une conception des logements par l’écoute qui ne se fasse plus uniquement de manière défensive ou corrective mais plutôt de manière créative et engagée.