« Not to be sold in the U.S.A or U.K » ˸ Les éditions The Olympia Press au croisement d'une histoire transnationale de la censure littéraire (1953-1973)

par Thibault Saillant

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Anne-Claude Ambroise-Rendu et de Jean-Yves Mollier.

Le président du jury était Cécile Coquet.

Le jury était composé de Laurent Martin, Colette Colligan, Cécile Cottenet.

Les rapporteurs étaient Laurent Martin, Colette Colligan.


  • Résumé

    L’histoire littéraire du XXe siècle a gardé en mémoire l’Olympia Press comme le premier éditeur de Lolita de Vladimir Nabokov et des œuvres de Samuel Beckett, William S. Burroughs, Henry Miller ou encore J. P. Donleavy. Auteurs de manuscrits maudits, rejetés par l’espace éditorial anglo-saxon alors sous le joug des lois contre l’obscénité, c’est au cœur de Paris qu’ils ont trouvé refuge, auprès de l’Olympia Press et de son fondateur Maurice Girodias, au cours des années 1950. Enseigne spécialisée dans l’érotisme et publiant exclusivement en anglais, la maison d’édition défie les instances de censure américaine et britannique en vendant et exportant depuis la capitale française un catalogue composé de romans de commande pornographiques et d’une littérature renégate appelée à la consécration.Le spectaculaire épisode médiatique et judiciaire de l’« affaire Lolita », né de l’interdiction de l’ouvrage par le gouvernement français, imposera Maurice Girodias en figure de la lutte pour la liberté d’expression. De 1956 à 1966, l’éditeur vit une décennie rythmée par les procès et les sanctions administratives. Cependant que la censure morale s’affirme avec force en France au début des années 1960, une dynamique contraire fissure l’édifice répressif anglo-américain, accélérant l’obsolescence du modèle représenté par l’Olympia Press.En choisissant d’exporter son entreprise aux États-Unis, Maurice Girodias va se mesurer à un régime nouveau de liberté qui, paradoxalement, ne lui sied guère. Après avoir participé à la levée des interdits littéraires dans l’aire anglophone, il échouera à s’adapter aux changements de l’époque, tant culturels que marchands.Si la trajectoire d’Olympia Press semble connue, elle a peu retenu l’attention du monde académique jusqu’à présent. Première étude universitaire à lui être consacrée, cette thèse s’appuie sur l’examen inédit d’archives éditoriales, judiciaires et de fonds d’écrivains pour présenter une histoire totale de la maison d’édition, inscrite dans celles plus larges de la censure, des échanges littéraires transatlantiques, de l’évolution des législations et des mœurs en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, des années 1950 aux années 1970. Des premières traductions intégrales de Jean Genet et du marquis de Sade à destination du lectorat anglophone jusqu’à la publication de SCUM Manifesto de Valerie Solanas à New York, ce sont deux décennies éditoriales d’un acteur situé au premier plan des transformations culturelles des Trente Glorieuses que nous proposons d’explorer.

  • Titre traduit

    « Not to be sold in the U.S.A or U.K » ˸ a transnational history of the Olympia Press and literary censorship (1953-1973)


  • Résumé

    Literary history of the 20th century remembers the Olympia Press as the first publisher of Vladimir Nabokov’s Lolita and of works by Samuel Beckett, William S. Burroughs, Henry Miller and J. P. Donleavy. In fear of obscenity laws, American and British publishers rejected these writers’ manuscripts, who found refuge in Paris, where Maurice Girodias founded the Olympia Press in 1953. During a long decade, the press defied Anglo-American censorship, selling and exporting erotic fiction in English from the City of Lights. Since its inception, its catalogue included commissioned pornographic novels as well as avant-garde works destined to achieve global fame.The scandal commonly known as the “Lolita affair”, prompted by the French government’s banning of the novel, brought to light the Olympia Press and its founder, who would soon be recognized internationally as a powerful advocate for freedom of expression. From 1956 to 1966, the publishing house faced countless bans and trials. While moral censorship regained vitality in France during the first half of the 1960s, an opposite dynamic was at work in the United States and the United Kingdom, soon to give birth to a sexual revolution which would lead to the obsolescence of the Olympia Press’s publishing model.Exporting the company’s activities in New York, Maurice Girodias won’t be able to adapt to this new regime of freedom. The publisher will fail to adjust to the cultural and economic changes of the time, after having played an important part in the lifting of obscenity laws in the English-speaking world.Although the Olympia Press remains a prominent name in the field of English literature, it has received little attention from the university circles, until now. This dissertation is the first academic work exclusively devoted to the publisher. Based on unpublished materials from publishing, literary, and judicial archives, this study presents a comprehensive chronicle of the Olympia Press, embedded in the broader histories of censorship, transatlantic literary relations, legislative and moral changes in France, the United States, and the United Kingdom from the 1950s to the 1970s. From the first unexpurgated translations of Jean Genet and the Marquis de Sade to the publication of Valerie Solanas’s SCUM Manifesto in New York, this monograph explores two decades of a publishing odyssey at the forefront of the cultural transformations of its era.



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