L'enseignement du FLE précoce aux enfants iraniens : une étude des pratiques d’encouragement et de valorisation dans une école maternelle à Téhéran
| Auteur / Autrice : | Sharareh Kavianifariz |
| Direction : | Olivier Baude |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du langage |
| Date : | Soutenance le 11/12/2023 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Connaissance, langage, modélisation (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire MoDyCo (Nanterre) |
| Jury : | Président / Présidente : Iris Eshkol |
| Examinateurs / Examinatrices : Olivier Baude, Iris Eshkol, Gabriel Bergounioux, Emmanuelle Guerin | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Gabriel Bergounioux, Emmanuelle Guerin | |
| DOI : | 10.70675/8c884b73zca03z4117za1c2ze060c63378c6 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Dans le contexte politique, sociolinguistique et culturel actuel de l’Iran, alors que les principales langues enseignées dans les institutions scolaires sont le farsi – langue nationale – l’anglais et l’arabe littéraire, la langue française, héritière d’un certain prestige social, connaît un regain d’intérêt auprès des classes favorisées de Téhéran, capitale économique et culturelle du pays. En effet, les familles appartenant à l’élite sociale et intellectuelle sont nombreuses à faire le choix de scolariser leurs enfants dans des écoles maternelles privées où un enseignement du Français Langue Étrangère (FLE) précoce est proposé, afin de leur offrir l’opportunité d’apprendre cette langue dès leur plus jeune âge. Ainsi, dans le cadre de notre recherche doctorale, nous nous sommes intéressée à cet enseignement précoce du FLE aux enfants iraniens en bas âge, et notamment aux difficultés d’apprentissage qu’ils pouvaient rencontrer. En effet, ces petits, en pleine acquisition de leur langue première, se voient proposer très tôt une langue seconde mais peu d’entre eux parviennent finalement à dépasser le stade de l’initiation et à poursuivre leur apprentissage par la suite. Nous interrogeant sur les pratiques enseignantes effectives dans les écoles maternelles de Téhéran, nous nous sommes alors demandée dans quelle mesure ces dernières impactaient la qualité de l’apprentissage, et la réussite ou pas, du jeune public à acquérir des connaissances et compétences communicatives en langue française. Considérant le très jeune âge de ces apprenants, nous nous sommes intéressée aux aspects et enjeux socio-affectifs dans l’enseignement et l’apprentissage du FLE précoce, et plus particulièrement à la mise en œuvre des pratiques de valorisation et d’encouragement des enfants dans leur apprentissage par les enseignantes, en regard des objectifs pédagogiques fixés. Pour ce faire, nous avons eu la possibilité d’effectuer une observation directe au sein de l’école maternelle Les Lutins, à Téhéran, où nous avons pu également filmer les pratiques enseignantes, afin de composer notre corpus d’analyse de séquences didactiques. Si notre recherche doctorale s’inscrit dans les domaines croisés des sciences de l’éducation, du langage et de la didactique des langues, nous nous sommes principalement appuyée sur la théorie et les outils de l’analyse des interactions, notamment didactiques, pour mener à bien notre réflexion, agrémentée de quelques entretiens semi-directifs avec l’équipe pédagogique et la directrice de l’établissement, par ailleurs fondatrice de l’école maternelle. Nos résultats nous ont alors permis de confirmer que les actes d’encouragement et de valorisation jouent un rôle majeur dans la bonne marche du processus d’apprentissage d’une langue seconde chez les tout jeunes enfants, pour lesquels l’affectif, en lien étroit avec le cognitif, prend une dimension essentielle. En effet, les émotions positives et/ou négatives, engendrées par la relation avec l’enseignant et/ou le groupe-classe, ont une influence certaine sur l’apprentissage des petits, pouvant soit impulser une motivation, un désir d’apprendre et de réussir, soit à l’inverse un blocage. Il convient alors que les enseignants accordent une attention primordiale aux manifestations affectives des enfants-apprenants et à leur manière d’être en relation avec ces derniers, à leur communication verbale et non-verbale, car les gestes, les postures, les mimiques tout comme les mots employés peuvent agir sur les émotions des enfants et sur la qualité de leur apprentissage, ainsi que sur leur devenir écolier qui est, rappelons-le, l’un des objectifs premiers de la scolarisation en école maternelle.